Sonifier. Pour que le sujet précède l’objet

Les communications des puces disséminées dans la ville (RFID, NFC, etc.) sont l’émanation d’une infinité d’échanges dont le nombre va croître considérablement : beaucoup de transactions implicites, des messages échangés, des codes saisis, des navigations sur le web, des captations et réceptions d’images, de vidéos, etc. Le problème ? Ces transactions omniprésentes sont invisibles et peuvent échapper à l’usager qui, de fait, les « subit ». Un projet canadien, Warbike  s’emploie à “sonifier“, c’est-à-dire à traduire en sons ces dialogues : une manière de rendre visible ce qui ne l’est pas, et signifier que la toile d’informations et de commandes de la ville est tangible et active.

L’urbain et son terminal mobile seront bientôt au centre de ces échanges – qu’ils le concernent ou non. La montée en puissance de la routinisation de nos pratiques fait de nous des « sujets » dit Adam Greenfield (Every[ware], la révolution de l’ubimédia). Ces protocoles de communication perçoivent notre présence, nos déplacements, nos actions sans se manifester. Ce qui fait dire à Greenfield que désormais « l’objet précède le sujet », autrement dit la puce reconnaît l’action de l’individu doté d’un répondant numérique et agit en conséquence tandis que jusqu’ici l’individu active la puce. Alors Greenfield s’interroge : est-il « sujet » ou « usager » cet urbain aux prises avec des puces invisibles ? Pour ce faire, quels échanges faut-il rendre visibles ? Ne faut-il pas recréer les coutures du sans-couture, et rendre perceptible ce qui a cessé de l’être. Il en va de l’influence de l’urbain sur son environnement. Alors, que les puces donnent de la voix pour que les humains recouvrent leur maîtrise de la ville… pourquoi pas ?

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octobre 12, 2007. Étiquettes : , , , , , , . 5e Ecran, Chronos, Empowerment, Nomade, Ville augmentée, Villes 2.0. 1 commentaire.