La bonneteau des médias

Le bonneteau est un des jeux le plus vieux et le plus universel du monde. Il reste pleinement d’actualité. On est au spectacle et sur la margelle de l’escroquerie. Et, c’est le choix de YouTube, nouvel acteur de la video interactive, de nous faire une démonstration quelque peu cynique de ce que sont les médias aujourd’hui. Oui, de l’interactivité, mais factice puisque à la fin chacun regarde la même chose. C’est une façon de souligner les limites de l’interactivité, mais c’est aussi un hommage à l’autonomisation des pratiques des médias. Les médias sont interactifs, en tout cas pour leur jeune audience qui ne connaissent que cette facette des médias.

Quand Clay Shirky, spécialiste américain des médias, demande à sa fille ce qu’elle fait derrière la télévision, elle lui répond : I’m looking for the mouse ! (je cherche la souris). L’enfant nous explique pourquoi la télévision est en danger : un média avec lequel on n’interagit pas n’en est plus un ! pour cette génération au moins.

Le monde de la télévision ne sait que faire pour intégrer ce changement. D’un côté, on essaie de faire évoluer ce téléviseur uni-fonctionnel. Ainsi de Yahoo qui crée des widgets pour certains types d’écrans (Descary.com – Les Widgets font leur apparition sur la télé). D’un autre, on transvase les programmes des canaux télévisuels à Internet. En 2008, M6 a ouvert le site M6 replay et donné accès à l’ensemble de son programme de la semaine passée. Le spectateur a le choix du moment où il regarde les émissions, documentaires, séries et films qu’il préfère qu’il avait déjà acquis avec le magnétoscope. Mais est-ce suffisant ? On en est toujours aux prémices et on avance à tâtons. La télévision va-t-elle se noyer dans l’Internet et dans le téléphone mobile ?

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janvier 7, 2009. Étiquettes : , , , , , . Chronos. Laisser un commentaire.

Le citadin est multimodal, les outils sont en marche

Mobiles-Actus

La semaine dernière, SFR et Moviken inauguraient iTransports mobile, service d’information multimodale sur mobile (voir « Auto et transport public, l’huile et l’eau » & « Tous les transports en commun sur un seul service mobile« ).
Google poursuit sa conquête de la navigation en ville (Googlez mobile, googlez en ville) et annonce successivement une version de Google Map for Mobile avec la navigation piétonne puis la navigation dans les transports publics new yorkais sur mobile (Google Maps adds New York City transit).
Deux jours après, Kapsys fêtait le lancement de Kapten, GPS multimodal (On a essayé le Kapten de Kapsys, le premier GPS sans écran). Ce GPS, conçu pour cyclistes, piétons, motards et automobilistes, intègre aussi les transports publics. Le principe de réalité s’impose, la ville est multimodale.

Particularités du service : il n’a pas d’écran et pèse à peine 50 g. Nomade, quoi ! Mieux, il est le premier GPS à exploiter la reconnaissance vocale (Nuance Communications). Ce GPS, connecté sur mobile via Bluetooth, permet de passer des coups de fil ou d’écouter de la musique.

L’outil adapte la topographie de la ville au mode utilisé. Le piéton n’a pas besoin de connaître les sens interdits, mais l’emplacement des passages cloutés, les tunnels, galeries, les voies piétonnes… Il s’adapte à la situation de mobilité de l’individu. C’est le premier GPS qui considère l’individu dans toutes ses modalités de déplacement. Il prend en considération le corps de l’individu dans la ville, ses contraintes et ses possibilités. Un pas de plus vers l’information multimodale intelligente.

septembre 24, 2008. Étiquettes : , , , , , , . Chronos. Laisser un commentaire.

L’écran du iPhone fait-il écran à la ville ?

Observation du réveil « branché » d’un jeune Parisien, 24 ans. En voici un résumé :

8 h. du matin. Mon réveil sonne. Son support ? L’iPhone.
8 h. 5′. J’éteins le réveil.
8 h. 6′. Mon iPhone est allumé.
8 h. 7′. Il y a du soleil. Qui me le dit ? Mon iPhone.
8 h. 8′. Il n’y a pas de Vélib’ disponible à la station devant chez moi. Qui m’informe ? Mon iPhone.
8 h. 9′. A 50 mètres de chez moi, un Vélib’ est disponible (toujours mon iPhone).
8 h. 10′. Je vais prendre ma douche, mon iPhone sur le meuble de la salle de bain.
8 h. 20′. Toujours pas de Vélib’ à la station devant chez moi.
8 h. 21′. Un seul Vélib’ de disponible à 50 mètres de chez moi.
8 h. 22′. Pas de risque à prendre, ce sera le bus. Je m’habille.
8 h. 23′. Le bus passe dans 12′.
8 h. 24′. Je prends mon sac et sors de mon immeuble.
8 h. 25′. Je tourne à gauche pour prendre le bus. Pas un regard sur la station Vélib’. Il n’y en a pas, mon iPhone me l’avais bien dit !
8 h. 30′. Je suis dans le bus. Je regarde le planning de la journée, je lis mes mails et je regarde LCI en Podcast. Toujours avec mon iPhone…

Les repères sont de moins en moins ceux de la ville : le mobile enrichi fait office de filtre. Maintenant, la question est de savoir jusqu’à quel point il risque de faire écran.

mars 26, 2008. Étiquettes : , , , , . Chronos. 1 commentaire.

Le petit écran est-il libre d’accès ?

Pour légitimer son modèle publicitaire en devenir sur le mobile, Eric Schmitt, patron de Google avait lancé un pavé dans la mare des opérateurs en déclarant à Reuters il y a quelques mois : « your cell phone should be free » . Le mobile concentrera progressivement l’avenir du web et de ses modèles économiques. Cela a déjà commencé. Une récente étude de Jupiter Research détaille ces tendances : 40% des sites Web ont une version mobile, 22% en prévoient une pour l’année prochaine, 29% des sites mobiles disposent d’informations sur les profils des utilisateurs… Cependant, les annonceurs sont seulement 3% à faire de la publicité sur ces mêmes sites mobiles. Les acteurs du marché ne s’interrogent pas tous de la même façon.

Les opérateurs télécoms feraient-ils écran aux annonceurs désireux d’engager des campagnes de publicité mobile ? La société Celltick propose de contourner l’obstacle. Elle annonce (IHT, « Advertisers’ direct cellphone connection« ) le développement d’un logiciel permettant aux annonceurs et médias d’envoyer directement leurs contenus publicitaires sur les mobiles, leur reprochant au passage la lenteur de leur stratégie marketing. InternetActu s’interroge (« La publicité sur mobile : pas trop vite ! » ) et fait état d’incertitudes, notamment sur la valeur du marché du marketing mobile qui oscille du simple au double (11 milliards de $ en 2011 pour l’un, 24 en 2013 pour l’autre). On sait aussi les objections évidentes à l’intrusion publicitaire sur l’écran du mobile. Il en résulte pour le moment des opérateurs frileux, peu enclins à ouvrir leurs réseaux. Face à ces questions, Celltick a donc choisi de tailler dans le vif.

Qu’en dira l’usager dont on sait part ailleurs qu’il n’active que très très modérément les pubs du web (« Qui clique sur la pub ? ») ? Hormis une stratégie d’opt-in par une publicité passive puis activée par l’usager, aucun service particulier n’a été mis au point par Celltick pour le séduire.

Toutefois, on voit mal aujourd’hui ce qui résistera à la pub sur le petit écran. Aucun autre écran n’y a jamais résisté, qu’il s’agisse du cinéma, de la télévision ou du PC via le web. Des régulations se mettront sans doute en place pour respecter des régles élémentaires. La publicité sur mobile redéfinira sans doute à terme le rôle des opérateurs télécom et celui des médias traditionnels pour qui il sera tout autant incontournable, mais bien malin sera celui qui saurait aujourd’hui en définir les contours.

janvier 21, 2008. Étiquettes : , , , . 5e Ecran, Chronos, Média, Mobile, Opt-in. Laisser un commentaire.

Les réseaux sociaux, autre clé de Google vers le mobile ?

Il faudrait une rubrique quotidienne pour rendre compte de la multiplicité des petits et grands pas de Google vers le mobile, déjà récemment commentés dans ces colonnes ! Le dernier en date sur nos écrans de veille est l’acquisition du service Zingku. Le site agrège plusieurs fonctionnalités dont l’échange de formats média (textes, images, etc.), la publication et le partage de contenus et l’agrégation de flux rss. C’est un nouveau pan de la stratégie mobile de Google vers le mobile qui se découvre : les réseaux sociaux. Pourquoi ? parce qu’ils sont synonymes de fidélisation, d’usages rodés et de stratégie virale performante. Tout pour plaire aux annonceurs !
C’est aussi le signe d’une intégration verticale de services auquel s’associent déjà Youtube, Feedburner et le très discret GrandCentral  dont on doit attendre à terme une place croissante. La rumeur – qui ne prête qu’aux riches – voit Google lorgner sur Facebook, un « Google des personnes » qui a déjà sa version mobile.
Dans les réseaux sociaux réside peut-être une des clefs de la publicité sur mobile. C’est en tout cas le pari que fait aussi Nokia avec Mosh. Tous iront s’abreuver à la même fontaine. Ne jamais oublier que les services rendus aux annonceurs assurent la totalité des recettes de Google ! Reste à être le plus puissant mais aussi le plus performant pour continuer de séduire.

octobre 4, 2007. Étiquettes : , , , , , , . 5e Ecran, Chronos, Empowerment, Partages, Réseaux sociaux. Laisser un commentaire.

Le doudou du nomade en résistance publicitaire

La publicité traditionnelle guette l’ouverture vers le mobile depuis son origine sans convaincre jusqu’ici. La massification du mobile et de ses usages relance la quête des annonceurs. Mais même le leader mondial de l’achat d’espace numérique (Digitas du groupe Publicis) est pour le moins réservé sur la capacité du mobile d’intervenir en « publicité » (lire l’article de Mediapost, 25/09/07. Digitas Cold On Mobile).

Techcrunch annoncait hier le lancement de ThePudding, un service de téléphonie gratuit dont les serveurs sont capables d’analyser les conversations pour diffuser de la publicité ciblée selon le contenu des échanges. Pour l’instant disponible sur ordinateur, le procédé fait controverse, puisqu’il fait de la récupération des informations personnelles la condition d’un usage gratuit du téléphone. La société a choisi d’adapter prochainement son service sur mobile, par la diffusion de messages publicitaires sur l’écran. La question qui se pose est moins celle de l’intrusion sur l’écran « hyper-personnel » que de la pertinence du modèle publicitaire sur « l’objet sur soi ». Ce doudou du nomade, est moins un objet de spectacle qu’un objet transitionnel. Il est – au sens que lui donne le psychologue Winicott avec son doudou du nourrisson –, une façon de gérer le passage de l’interne à l’externe, une autre manière de préserver son intime dans la vie de tous les jours ou encore une modalité centrale pour façonner sa familiarité dans le quotidien.

Dès lors, le succès d’une publicité déportée sur le mobile laisse sceptique. Le mobile n’a t-il pas plutôt sa légitimité devenant l’interface majeur entre l’usager et son milieu environnement étranger ? Alors, ce ne sera plus de publicité dont on parlera, puisque s’épuise sur le mobile la notion de broadcasting indiscerné qui l’a fondée. Certes, il faudra de la connexion invitée, mais il faudra surtout des services en phase avec ce noyau du familier sans outrager l’intime. Exercice difficile que de relier le message de l’annonceur à la vie de l’individu, même dans la banalité du quotidien. Certains s’y essaient avec succès comme Omron au Japon. Mais l’essentiel reste à comprendre.

septembre 27, 2007. Étiquettes : , , , , , . 5e Ecran, API (Agrégation Personnalisée de l'Info), Chronos, Empowerment. Laisser un commentaire.