IBM, marre des embouteillages !

L’Amérique du tout-automobile a du plomb dans l’aile. L’équipe d’Obama, interrogée sur le développement du rail, est volontaire : « Oui, les projets de voies ferrées inter-cités seront une composante majeure de notre programme d’infrastructures » (en V.O. sur The transport politics). De son côté, New York vient de gagner les Awards des Transports Durables (via Streetsblog, la photo du « avant-après » de Madison Square est spectaculaire). 200.000 m2 d’espace réservés à la voiture ont été transformés en espaces publics pour piétons ou vélos. Résultat, 255 km de pistes cyclables pour 35% d’augmentation des cyclistes, des journées sans voitures… 

Dans la foulée, IBM a répondu à l’appel d’offre de la mairie new-yorkaise pour trouver des solutions aux embouteillages, en calquant le système de péage de Stockholm. Un ingénieux système de lasers et caméras et des tarifs variables ont permis de réduire les embouteillages de 20%, d’augmenter la fréquentation des transports en commun et de faire baisser la pollution entre 9% et 14% (Stokholm voters OK congestion charging). Après sept mois d’essai, le projet a été accepté par référendum.

 

 

Pour New York, IBM milite en ce sens, à grands renforts de publicités (IBM pitches congestion pricing to middle America)pendant les play-offs de football américain, l’un des événements les plus médiatiques. Bref, impossible de la rater. Le message est simple : « Nous en avons tous marre d’être pris dans les embouteillages » (le temps passé dans les bouchons a augmenté de 236% entre 1982 et 2001 !).

Au passage, notez les vélos en image subliminale (à 20″)… En touchant l’automobiliste sans le culpabiliser, IBM vise juste. Le péage de Stockholm a transformé les comportements des automobilistes, en termes de modalités (transports en commun) ou d’adaptabilité (changement d’horaires). Un signe encore d’une Amérique à l’entame d’un virage.

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janvier 14, 2009. Étiquettes : , , , , . Chronos. Laisser un commentaire.

Le triangle infernal

New York City s’est comportée ces dernières années en ville vertueuse en matière de mobilité urbaine si on croit ce rapport qui vient de paraître (pdf Sustainable Streets Index 2008) et dont sont extraits les deux images qui suivent.

Sustainable Streets Index 2008

Sustainable Streets Index 2008

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Entre 2003 et 2007, New York City a vu arriver 200.000 nouveaux emplois et 130.000 résidents. Pourtant, durant cette période la circulation automobile a baissé de 1,6%. Toute la croissance des déplacements s’est faite sur le transport public, soit 8,8% d’augmentation de pratique des bus et métros, sans compter une hausse de 70% de la pratique cycliste (New York City Grew, but Traffic Didn’t).

New York Times

Source : New York Times

Rien que du bonheur, du civisme, du bienfait pour l’économie et du « durable » ?
Eh bien non ! car le résultat est un déficit de 1,2 milliard de dollar pour l’opérateur new yorkais MTA (MetropolitanTransit Autorothy) et le double de ce montant en 2009 pour une remise à niveau d’un réseau longtemps délaissé. Qui paie ? La question est cruciale et déchire les gouvernants de la ville. Logiquement, il faudrait faire payer l’usager – nous sommes aux Etats-Unis. Cela équivaudrait à une augmentation de 25% des tarifs des transports publics urbains. En contrepartie, argumente une commission des transports, le risque est de perdre le bénéfice du rééquilibrage auto-transports publics (Kheel Planners: MTA Austerity a Recipe for Gridlock Hell). 30.000 voitures retrouveraient le chemin des rues congestionnées, réduisant la vitesse moyenne déjà basse encore de 4%. Par ailleurs, la commission prédit une chute de 6% de la fréquentation du métro et de 4% du bus.
Dilemne ! Soit, on décourage les voyageurs de bonne volonté qui acceptent déjà un service déficient des transports publics et on en rajoute dans la congestion automobile. Soit, comme le préconisent certains, on fait supporter à l’automobiliste tout ou partie du coût et on enfonce un peu plus la filière automobile américaine déjà au bord de la catastrophe. Autre issue, proposé par l’ancien patron du MTA, on fait supporter aux employeurs de la région une taxe de mobilité de 0,3% sur les salaires qui s’assimile aux versements transport qui nous sont familiers en France.
Cris d’orfraies des automobilistes qui s’insurgent de supporter les coûts de modes de transports qu’ils n’utilisent pas. La réponse du berger à la bergère, c’est : « Les automobilistes bénéficient de subventions masquées des transports publics. En effet, la pratique de la voiture et des parkings n’est possible que parce qu’une partie des automobilistes migrent vers le transport public. Autrement, les rues seraient totalement congestionnées et la circulation des voitures et des bus seraient paralysées. » (Thompson: Car Commuters Should Pay Their Fair Share)

Ce triangle infernal du financement – les usagers du transport publics qui participent d’une mobilité libre et durable, au contraire des automobilistes dont beaucoup n’ont d’ailleurs pas d’autres choix, et les employeurs, donc indirectement tous les salariés (de la région et pas seulement de la ville) – pose les enjeux au niveau de la société, donc au niveau politique. Les choix qui sont ceux des New Yorkais sont aussi ceux d’autres pays. Il ne s’agit pas de diaboliser les automobilistes qui héritent eux aussi d’ailleurs d’un service dégradé, mais de savoir quelle mobilité les gouvernants entendent permettre à leurs citoyen-citadins-voyageur. Le choix des financements est alors crucial. A une autre échelle, nous sommes en France face à des enjeux similaires.

décembre 17, 2008. Étiquettes : , , , , . Chronos. Laisser un commentaire.

Le RER A « perd » des trains

Après le « design des futures stations de tramway« , la Fabrique RATP révèle le Poste de Commandes Centralisées (PCC) du RER A. Derrière une vitre, la partie invisible du RER A. Dans un amphithéâtre, une dizaine d’hommes et de femmes œuvrent au fonctionnement de la ligne, assistés d’écrans et de machines grises aux boutons oranges et jaunes. Ambiance : film futuriste des années 70.

Copyright Jack Guez, AFP, sur LePoint.fr

Copyright Jack Guez, AFP, sur LePoint.fr

La RATP a été mise en garde par le STIF sur ses objectifs : assurer entre entre 28 et 30 rames par heure aux heures de pointe (…). Elle plafonne actuellement à 23-24 trains à l’heure (Lesechos – Ile-de-France : polémique sur les dysfonctionnements du RER A). Pourtant, les calculs ont été fait pour que les trains se suivent à 2 minutes, soit 30 trains dans une même heure. En pratique, le RER perd du temps et… 5 trains par heure. Pourquoi ? Entre 1997 et 2007, le nombre de voyageurs journaliers du RER A a crû de 21,5%. Plus d’usagers, c’est plus de temps d’arrêt en gare et c’est aussi plus de probabilités de perturbation.

Les limites atteintes d’un point de vue technique, la crise appelle du pragmatisme pour soulager le RER A. Eux pensent ajouter un nouveau mode de transport dans le système urbain : le « métrophérique » (voir l’interview de Françoise de Panafieu). D’autres alternatives existent dans la complémentarité des modes (métro, bus, vélo, marche, et pourquoi pas covoiturage ou voiture en partage) et dans les « démobilités » (co-working, courses numériques, etc). Pour cela, il faut donner les moyens aux individus d’organiser et d’anticiper leurs trajets en développant une information en flux et en temps réel. Les quatre participants à l’expérience Zenius huit semaines sans voiture le confirment : l’information est essentielle.

décembre 15, 2008. Étiquettes : , , , , , , . Chronos. Laisser un commentaire.

L’automobile, un transport public ?

Et si la voiture était aussi un transport public ? Après tout, le vélo, à travers le vélo libre-service, est déjà un transport public ouvert à tous. Après tout, même le covoiturage est aussi une forme de transport public. Ce qui était un impensé, sinon une hérésie il y a quelques années, commence à faire sens. Portée par des politiques d’intégration physique et tarifaire, l’autopartage s’insère lentement dans les réseaux de transport publics. Complémentaire plutôt que concurrentielle, adaptative  et opportuniste plutôt que régulée au métronome, la voiture « libre-service » étend la puissance du réseau des transports publics vers les « interstices », les zones et les temporalités mal desservies. Avec son dossier « Auto soit louée », Transport Public a enquêté sur les différents services en place. Chronos répercute et prolonge l’investigation à travers la France et ailleurs.

Revue détaillée des clés du succès de la voiture en partage.

L’intégration physique. La voiture en partage a besoin de s’adosser aux dispositifs existants. Elle s’intègre dans des hubs de transports favorisant la création de « chaînes de mobilité » comme à Montpellier. La régie des transports (TaM) et le service privé d’autopartage Modulauto agissent de concert pour implanter les nouvelles stations à proximité des nœuds de transports. Ce point est fondamental.

L’intégration tarifaire et transactionnelle. Partager des lieux ? Oui. Partager des abonnés et des tarifs ? Aussi, évidemment ! A Lyon (Autolib’), Rennes (City Roul), Nantes (Zenius et Marguerite ) et à Lille (Lilas), les services d’autopartage sont pensés en intégration avec les autres modes. L’Alsace (Auto’trement) et l’agglomération de Montpellier vont plus loin en proposant un abonnement combiné entre le rail et les roues.

Modulauto - Lea Marzloff

Quels modèles de gouvernance ?
Aux Etats-Unis (ZipCar) ou en Suisse (Mobility), le départ a été pris il y a longtemps (neuf ans déjà pour ZipCar qui atteint déjà un parc de 5500 véhicules et 350.000 abonnés). En France, les réseaux d’autopartage démarrent. Ils comptent de 20 (Lille, Grenoble) à 110 véhicules pour Okigo (Vinci Park et Avis) à Paris. Ils se pensent à l’échelle des villes, des agglomérations ou des territoires, mais pas à l’échelle du pays comme Mobility en Suisse. Développé à l’origine sous forme d’association ou de coopérative, le statut de l’autopartage se structure, s’industrialise, se systémise. Grenoble et Toulouse (Mobilib) créent des sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC). Cas unique en France, l’Autolib lyonnais est une société d’économie mixte dont le principal actionnaire est le Grand Lyon. Les grands opérateurs se placent : la RATP, la SNCF, Vinci Park et Avis ont annoncé leur groupement pour répondre à l’appel d’offre parisien. De son côté, le groupe Bolloré  lancent deux expérimentations à Strasbourg et à Rennes, tandis que Veolia participe à la gestion de Liselec à La Rochelle, un réseau de voitures électriques en libre-service.

L’autopartage est en marche et de nouveaux défis se profilent déjà. Comment rendre les systèmes dynamiques et intelligents ? Vulog propose déjà des solutions avec des voitures géolocalisées et non-adossées à des stations, ouvrant la voie à un autopartge dynamique, peut-être à même de gérer le très controversé one way (Entretien avec Georges Gallais, VU Log, Vers une voiture servicielle et logicielle). Plus largement, comment la puissance publique peut-elle favoriser l’usage de la voiture en libre-service ? La proposition de loi de Roland Ries tendant à promouvoir l’autopartage est bloquée au Sénat depuis 2006 ! Les autorités organisatrices ont dans leur main les clés de l’autopartage : stationnement préférentiel, voies réservées, intégration transactionnelle, etc. Lille montre l’exemple et prépare pour 2012 un « passeport métropolitain » qui ouvrira les portes des piscines, des parkings et des transports publics, voitures comprises !

Pour finir sur une note de musique, une courte et non moins drôle publicité pour Mobizen

Léa Marzloff et Philippe Gargov

décembre 11, 2008. Étiquettes : , , , , . Chronos. Laisser un commentaire.

Le covoiturage cherche sa réassurance

Une étude de Nokia Research “Empty seats traveling” évaluait en 2007 le parc mondial à 500 millions de véhicules. Sur la base de deux places vides par véhicule et d’un coût du kilomètre par siège à 0,05 € (une valeur très basse !), la valeur potentielle du voyage des sièges vides approche les 500 billions d’euros. Un marché pour le moins prometteur, c’est le covoiturage.

Début septembre, Peugeot lançait « Eco Sharing« , une application de covoiturage… sur Facebook ! L’initiative pourrait palier l’un des principaux freins au covoiturage : la peur de l’inconnu, génératrice de barrières psychologiques, comme le rappelle le rapport du CERTU : « Le covoiturage en France et en Europe. Etat des lieux et perspectives », un rapport très attendu au moment où le covoiturage cherche sa voie.

Dès lors qu’on parle de réassurance, il est naturel qu’un assureur se lance à son tour dans le covoiturage. En partenariat avec le site covoiturage.fr, la MAIF s’est engagée dans la voie du covoiturage (voir le Communiqué). Concrètement, cet engagement repose sur la notion de communauté : les assurés MAIF seront signalés par un logo et apparaitront en premier dans les requêtes. Car, selon l’assureur, « faire partie de la même mutuelle d’assurance, c’est rassurant : partager les mêmes valeurs, ça donne l’impression de se connaître un peu ».

Deux initiatives de covoiturage pour deux communautés virtuelles où les individus n’ont pas besoin de se connaitre mais simplement de se repérer pour être rassurés (en partageant les mêmes valeurs ou en visualisant ses partenaires sur Facebook). La notion de confiance fait son chemin, s’éloigne peu à peu des schémas de proximité – collègues d’entreprises, voisins ; voir : « Le covoiturage en quête de place de marché« . Sans doute, n’est-ce que le début de démarche sur la réassurance des individus, mais c’est un grand pas vers l’élargissement du covoiturage.

novembre 5, 2008. Étiquettes : , , , , , , . Chronos. Laisser un commentaire.

Zoom sur le Ville & Transports du 15 octobre 2008

Le nouvel ordre de la mobilité
La crise est à l’origine du rapprochement des deux cultures du transport, individuelle et collective. Au salon de l’Automobile, 30% de l’offre se concentre sur l’écomobilité. Il ne s’agit plus de l’affronter mais de l’intégrer dans une offre cohérente de transport.

RATP, trafic à la hausse

20 000 voyageurs en plus chaque jour, c’est le résultat d’une politique de renforcement et de diversification de l’offre du transporteur.

La voiture dans la chaîne de l’écomobilité

« La clientèle de l’autopartage a changé, explique Philippe Ratto, président de la Caisse Commune depuis son rachat par Transdev. Le public s’est élargi. L’autopartage est en train de devenir un produit avec des clients en attente d’un meilleur service, d’une tarification adaptée ». Les opérateurs de mobilités l’ont bien compris, l’heure est à l’industrialisation et à la constitution de parcs automobiles, le marché se structure, les appels d’offre attirent de nombreux candidats. « Le voyageur est de plus en plus demandeur d’un offre globale, ce qui amène les protagonistes du transport à regarder au-delà de leur champ d’action traditionnel » analyse Nicolas Le Drouaec, fondateur de Mobizen.

Le site d’information du trafic de la Cub fait peau neuve
Le site de la communauté urbaine de Bordeaux (Cub) s’enrichit : auto-actualisation de l’info trafic sur des cartes dédiées, taux de remplissage des parcs de stationnement et alertes mail en cas d’incidents sur la voie publique.

Sécurité routière : les chiffres comparés des capitales européennes

En ville, s’il y a moins d’accidents impliquant des voitures, un mort sur deux est un piéton ou un cycliste. Ceux que les Anglais appellent les « podestrians » (contraction de Ipod et de pedestrian), absorbés par la musique, représentent un nouveau type d’usagers particulièrement vulnérables.

Chambéry-métropole : plus de places à la vélostation

La nouvelle consigne à vélo de la gare SNCF compte 100 places organisées sur une double hauteur, 30 casiers à accessoires et 8 prises électriques pour les vélos qui en auraient besoin. Accessibles par badge, 7/7j de 4h20 à 0h45 : en 15 jours, les 2/3 des places étaient réservés pour des abonnements.

octobre 24, 2008. Étiquettes : , , , , , , , . Chronos. Laisser un commentaire.

L’automobiliste cherche la maîtrise

Veille des vacances du 8 août au 5 septembre 2008 (1)

BusinessWeek
BusinessWeek

La pratique de la voiture diminue. Le kilométrage automobile baisse. La consommation de carburant dégringole. La production automobile chute. Bonne nouvelle : la mortalité liée à l’automobile poursuit sa baisse. Les constructeurs automobiles rament. L’autopartage et le covoiturage sont en vogue, à travers le monde, et sous plusieurs formes. Les entreprises s’y mettent. La voiture électrique débarque à Tokyo avec un réseau de bornes de recharge. Daimler et RWE s’y collent en Europe. Les automobilistes veulent moins de voitures, des voitures économes et accessoirement des voitures propres. En fait, c’est l’écosystème de la voiture qui bascule sous la pression des usagers. L’étude Fiat/BVA atteste ce point de vue. Les Etats-Unis ne sont pas en reste et s’érigent précurseurs d’innovations en matière automobile. Mais  pour tous, le chemin sera long.

businessweek.com – Zipcar: So Far, Profits Are Zip : Zipcar a connu une croissance de 80% en 2008 pour atteindre 300.000 abonnés.

lesechos.fr – Les grands constructeurs auto américains demandent une aide : Le dévissage se poursuit : GM, Ford et Chrysler pourraient encore encaisser un recul de leurs ventes compris entre 24% et 30% en août.

liberation.fr – Frais partagés, trajet moins cher : Partagez votre voiture et roulez moins cher

Le Monde.fr – Rouler moins ou rouler « malin » ? : Le débat se déporte sur le comportement des automobilistes. L’idée selon laquelle ils utiliseraient moins souvent leur véhicule commence à prendre tournure.

lexpansion.com – 1000 bornes pour voitures électriques seront installées à Tokyo : 5′ batteries lithium-ions rechargeables suffisent pour fournir une autonomie permettant de parcourir 40 kilomètres.


Le Monde.fr – Des voitures « intelligentes » pour les Européens : L’exécutif européen souligne l’économie des « voitures intelligentes » : 24 % du temps de conduite se passe dans des bouchons, pour un coût annuel global qui représenterait 80 Md€ en Europe en 2010.

Streetsblog – How Do We Make Clean Transportation Part of the National Discussion? Obama est prêt à aider les constructeurs automobiles à innover.

Fiat Neo-conducteur : Etudes BVA / Fiat, NEOCONDUCTEURS: une révolution «en route», une nouvelle façon de se conduire.

lesechos.fr – Daimler et RWE vont lancer dès 2009 un réseau de recharge électrique pour autos : Le constructeur automobile et RWE vont lancer dès 2009 un réseau de stations de recharge pour de futures voitures électriques Smart dans plusieurs villes européennes, selon le « FT Deutschland ».

septembre 5, 2008. Étiquettes : , , , , , , , . Chronos, Veille Delicious. Laisser un commentaire.