La mémoire est dans l’objet

 
Vous êtes au musée et votre nièce vous pose une colle sur une toile de maître ? La technologie NFC (Near Field Communication) vous sauvera la mise : approchez votre mobile d’une balise prévue à cet effet (un « tag »), vous serez redirigé vers la wikipage de l’œuvre. L’Internet des choses (objets, données, individus et environnement interagissent les uns avec les autres via des puces enfouies dans le quotidien. CNN : Internetting everything, everywhere, all the time) est un enjeu de taille. 

Après Nabaztag, le relais de communication personnalisé, Violet vient de commercialiser Mir:ror, un lecteur de puces RFID customisable (TrendsNow : Miroir magique) tandis qu’Alcatel-Lucent rentre dans le jeu avec Tikitag, un kit de balises NFC (Les Echos : Alcatel-Lucent mise sur les objets communicants). Particularité des deux produits : le lecteur de balises est vendu avec des « timbres » à coller où bon vous semble et à associer à l’information que vous désirez. Vous voulez connaitre l’état du trafic avant de partir au travail ? Approchez votre trousseau de clés préalablement « tagué » et l’information viendra à l’écran du mobile. Autrement dit, les objets gardent et acheminent la « mémoire » pour vous.

Et si ce balisage des objets s’étendait au-delà de la sphère privée… J’ai envie de diffuser mon blog à mes voisins ? Je tague un lampadaire de ma rue. Je veux partager des informations sur ma ligne de métro ? Une balise dans une rame et le tour est joué. Le mobilier urbain deviendrait collaboratif. C’est demain… 

Grâce à ces balises, la réalité est démultipliée : l’environnement ne se limite pas à ce que vous voyez, mais s’enrichit d’informations à portée de mobile. Cette réalité va jusqu’à s’affranchir d’un balisage préalable : grâce à Wikitube, observez le paysage à travers votre écran et Wikipédia se chargera de vous informer sur les détails du paysage. Une belle synthèse, réelle cette fois entre information collaborative et géolocalisation, pour un résultat impressionnant (Baliz-media : Wikitude, réalité augmentée sur mobile). 

La réalité ne se contente plus d’être ce qu’elle semble montrer. Environnement + intelligence = réalité puissance deux, pour des perspectives infinies ! Et même puissance trois, lorsqu’on lui associe le collaboratif. La suite n’est qu’une question de logistique et d’imagination (De l’Internet, des choses et des hommes, Théma Chronos) ! 

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novembre 13, 2008. Étiquettes : , , , , , . Chronos, Everyware, Ville augmentée. 1 commentaire.

L’autolibération

Une fois n’est pas coutume : un billet en anglais dans nos colonnes. Kathrine Fucarile, une Bostonienne vivant à Paris et sensible aux initiatives de sa compatriote Robin Chase à l’origine de deux projets « collectif-individuels » de mobilité durable : ZipCar (le site et nos commentaires ici, ou encore là (un pdf) et GoLoCo d’autre part (le site et nos commentaires ici et . On imagine bien les déclinaisons parisiennes de ces projets au moment où on parle beaucoup d’Autolib et de ses 2000 voitures en libre-service.

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If we’re going to combat global warming, fuel-efficient cars are not enough according to Robin Chase, founder of Zipcar. « If we started today, 10 years from now at the end of this window of opportunity, those fuel efficient cars will reduce our fossil fuel needs by 4%. »

At the TED conference in Monterey, California in March 2007 the entrepreneur discussed two avenues she believes we need to take in order to make a serious reduction in our global carbon footprint: market-based pricing and wireless technology.

Ms. Chase hasn’t just been hitting the conference circuit touting theory while leaning on her MIT degree – she’s been walking the walk. As the brain behind the most successful car sharing company world wide – Zipcar, Chase has now launched GoLoco a ridesharing company that uses the Internet site Facebook as an interface to connect drivers and ride-seekers.

Chase is an environmentalist with a nose for business and a passion for technology. Her Zipcar, now 100,000 members strong, has been expanding rapidly while simultaneously reducing the miles driven annually. How did drivers who were driving an average of 12,000 miles per year cut their road time down to an average of 500 miles a year? Market-based pricing.

« People respond very quickly to prices, » Chase explains. The key was to match an accurate dollar value to the hour of using a car– a price that took into consideration all of the hidden costs of driving. « Why do we travel too much? Car travel is under priced and therefore we over consumed. » Once city drivers became Zipcar members, consumers began to make more efficient trips and eventually fewer trips all together.

This virtually free wireless technology that made Zipcar possible was also the only technology to withstand Katrina’s wrath in New Orleans. So why are municipalities nation-wide are not currently jumping at the chance to use this « mesh network » technology? « Because there is no money to be made, » Chase stated. Yet, as an entrepreneur this doesn’t concern her. She firmly believes that information should be free. Her message to companies dragging their feet was – think outside the box. Use a free wireless network to expand your company and make a lot more money elsewhere.

Pour en savoir plus, une conférence vidéo courte et tonique de Robin Chase et un billet à son propos sur l’excellent Streetblog, dédié aux mobilités urbaines vues des USA.

Sur un sujet connexe, Chronos publie à ce jour un Thema sur les innovations  nippones en matière d’automobile… A lire ici !

février 19, 2008. collectif/individuel, Ecoresponsabilité, Empowerment, On demand, Partages, Ville augmentée. Laisser un commentaire.

Quand le dessous lit le dessus

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“Où es-tu ?“
“Dans le métro“
“Que fais-tu ?“
“Je regarde une vitrine dans la rue.“

L’idée, c’est celle d’une reconnexion du système de transport sous-terrain à la vie urbaine jouée en surface. Voici illustrée la carte comme périscope des villes dont parlait récemment Chronos (Ne cherchez plus, la carte vous trouve)
Si on intégrait Google Streetview dans les rames du métro parisien, on créerait un « périscope du métro » et on ferait d’une rame une plateforme apte à retranscrire la ville pour les voyageurs en situation de mobilité.
C’est aussi pousser plus loin encore la notion de hub mobile, et de la synchronisation du hub mobile – le réseau de métro en l’occurrence – et du mobile. Dans le cadre de Villes 2.0, les étudiants de l’ENSCI (Louis Eric Mocou, Daniel Monello, Jean Marc Bullet et Axel Morales) ont ainsi imaginé le projet Métroscope. Le plafond du métro y est pensé comme un média. Des tags, lisibles sur les plafonds des rames, sont proposés aux voyageurs qui peuvent les saisir et accéder aux visualisation des lieux réels qui y correspondent… Une manière d’anticiper la ville autant que de l’interroger en situation de mobilité.

octobre 24, 2007. Étiquettes : , , , , . 5e Ecran, Chronos, Hubs, Multitasking (polychronie), Ville augmentée. Laisser un commentaire.

Sonifier. Pour que le sujet précède l’objet

Les communications des puces disséminées dans la ville (RFID, NFC, etc.) sont l’émanation d’une infinité d’échanges dont le nombre va croître considérablement : beaucoup de transactions implicites, des messages échangés, des codes saisis, des navigations sur le web, des captations et réceptions d’images, de vidéos, etc. Le problème ? Ces transactions omniprésentes sont invisibles et peuvent échapper à l’usager qui, de fait, les « subit ». Un projet canadien, Warbike  s’emploie à “sonifier“, c’est-à-dire à traduire en sons ces dialogues : une manière de rendre visible ce qui ne l’est pas, et signifier que la toile d’informations et de commandes de la ville est tangible et active.

L’urbain et son terminal mobile seront bientôt au centre de ces échanges – qu’ils le concernent ou non. La montée en puissance de la routinisation de nos pratiques fait de nous des « sujets » dit Adam Greenfield (Every[ware], la révolution de l’ubimédia). Ces protocoles de communication perçoivent notre présence, nos déplacements, nos actions sans se manifester. Ce qui fait dire à Greenfield que désormais « l’objet précède le sujet », autrement dit la puce reconnaît l’action de l’individu doté d’un répondant numérique et agit en conséquence tandis que jusqu’ici l’individu active la puce. Alors Greenfield s’interroge : est-il « sujet » ou « usager » cet urbain aux prises avec des puces invisibles ? Pour ce faire, quels échanges faut-il rendre visibles ? Ne faut-il pas recréer les coutures du sans-couture, et rendre perceptible ce qui a cessé de l’être. Il en va de l’influence de l’urbain sur son environnement. Alors, que les puces donnent de la voix pour que les humains recouvrent leur maîtrise de la ville… pourquoi pas ?

octobre 12, 2007. Étiquettes : , , , , , , . 5e Ecran, Chronos, Empowerment, Nomade, Ville augmentée, Villes 2.0. 1 commentaire.