Dans les filets de l’everyware

Vous vous promenez admirant les courageuses feuilles qui résistent tant bien que mal à Newton… et votre mobile sonne. Le coupable est une borne équipée du réseau Bluetooth (La CNIL s’inquiète du développement des spams par Bluetooth). Le SMS reçu vous propose d’accepter une publicité sur votre mobile. Bien sûr, vous pouvez refuser, mais le mal est déjà fait…

Comment garantir la tranquillité de l’utilisateur dans l’everyware (l’informatique ambiante) dans lequel chaque objet peut être une borne communicante ? La CNIL vient d’émettre un avis défavorable concernant l’envoi de SMS intrusifs via les réseaux Bluetooth (Pas de publicité via Bluetooth sans consentement préalable). Malgré cela, ces propriétés de l’everyware fascinent les annonceurs. Ils se prennent à rêver de marketing intensif quitte à braver la tranquillité.

Erreur ! 6 consommateurs sur 10 pensent que l’envoi de messages non-sollicités dégrade l’image d’une marque (d’après le « Baromètre de l’intrusion » de l’agence ETO ;
Jusqu’où irez-vous avec une marque) et près d’un consommateur sur deux se déclare en profond désaccord avec la réception de publicité sur mobile (Nouveaux usages sur mobiles).

Haro, donc à la publicité intrusive. A l’inverse, l’interaction entre l’annonceur et le consommateur fait des émules, grâce aux nouvelles technologies de balisage : les puces RFID et NFC (Near Field Communication ; La mémoire est dans l’objet). Pour avoir un sens, la publicité implique nécessairement le consommateur (E-marketing et sécurité au coeur de l’innovation française).

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novembre 24, 2008. Étiquettes : , , , . Audiences, Chronos, Everyware, Villes 2.0. 1 commentaire.

La mémoire est dans l’objet

 
Vous êtes au musée et votre nièce vous pose une colle sur une toile de maître ? La technologie NFC (Near Field Communication) vous sauvera la mise : approchez votre mobile d’une balise prévue à cet effet (un « tag »), vous serez redirigé vers la wikipage de l’œuvre. L’Internet des choses (objets, données, individus et environnement interagissent les uns avec les autres via des puces enfouies dans le quotidien. CNN : Internetting everything, everywhere, all the time) est un enjeu de taille. 

Après Nabaztag, le relais de communication personnalisé, Violet vient de commercialiser Mir:ror, un lecteur de puces RFID customisable (TrendsNow : Miroir magique) tandis qu’Alcatel-Lucent rentre dans le jeu avec Tikitag, un kit de balises NFC (Les Echos : Alcatel-Lucent mise sur les objets communicants). Particularité des deux produits : le lecteur de balises est vendu avec des « timbres » à coller où bon vous semble et à associer à l’information que vous désirez. Vous voulez connaitre l’état du trafic avant de partir au travail ? Approchez votre trousseau de clés préalablement « tagué » et l’information viendra à l’écran du mobile. Autrement dit, les objets gardent et acheminent la « mémoire » pour vous.

Et si ce balisage des objets s’étendait au-delà de la sphère privée… J’ai envie de diffuser mon blog à mes voisins ? Je tague un lampadaire de ma rue. Je veux partager des informations sur ma ligne de métro ? Une balise dans une rame et le tour est joué. Le mobilier urbain deviendrait collaboratif. C’est demain… 

Grâce à ces balises, la réalité est démultipliée : l’environnement ne se limite pas à ce que vous voyez, mais s’enrichit d’informations à portée de mobile. Cette réalité va jusqu’à s’affranchir d’un balisage préalable : grâce à Wikitube, observez le paysage à travers votre écran et Wikipédia se chargera de vous informer sur les détails du paysage. Une belle synthèse, réelle cette fois entre information collaborative et géolocalisation, pour un résultat impressionnant (Baliz-media : Wikitude, réalité augmentée sur mobile). 

La réalité ne se contente plus d’être ce qu’elle semble montrer. Environnement + intelligence = réalité puissance deux, pour des perspectives infinies ! Et même puissance trois, lorsqu’on lui associe le collaboratif. La suite n’est qu’une question de logistique et d’imagination (De l’Internet, des choses et des hommes, Théma Chronos) ! 

novembre 13, 2008. Étiquettes : , , , , , . Chronos, Everyware, Ville augmentée. 1 commentaire.

Quand la distribution s’intéresse à la mobilité durable

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photo Les Echos

Quand dans les années 90, nous avions interrogé le directeur marketing d’Ikea, devenu entre temps son PDG, sur les accès en transports collectifs des magasins d’Ikéa, il nous avait ri au nez. La sensibilité de l’époque n’avait pas encore mis le doigt sur les errements de l’étalement urbain, de la persistance de l’auto qu’il imposait et des séquelles environnementales qu’il suscitait.
Le principe de réalité a imposé entre temps ses exigences et l’enseigne active depuis deux ans, un bus gratuit en navette entre le terminus du tramway et le magasin de Strasbourg. « Au niveau mondial, dit l’article des Echos, Ikea a calculé que 8,5% des personnes prennent le bus ou le vélo (sic!) pour faire leurs achats dans ses magasins. Il veut passer à 15% d’ici 2012. Le nombre d’utilisateurs a doublé en douze mois, passant de 40.000 à 78.000. Le tout pour un coût annuel de 100.000 euros. Même chose à Milan où le bus Ikea va directement au centre-ville. Américains et Canadiens s’y mettent aussi. ». En l’occurrence, c’est moins la démarche citoyenne qui prévaut – encore qu’elle parle sans doute de plus en plus aux clients – qu’un calcul économique sur le coût des places de parking.
Reste le problème de la livraison. L’article évoque aussi une tentative de la ville de Manchester qui avait mis en place l’an dernier un système de livraison gratuite pour les familles présentant un ticket de transport en commun au paiement. L’opération a été arrêtée au bout de quelques mois devant l’afflux de demandes qui ne pouvaient être satisfaite par les services de livraison. L’article mentionne la réponse du covoiturage développée au Danemark. Elle n’est pas mature en France.
Plus réaliste serait des voitures en location très courte durée, mais cela supposerait de reposer la voiture ailleurs ; ce qui renvoie à des réseaux qu’il reste à construire. Peut-être faudrait-il introduire ce genre de contraintes dans les appels d’offre à venir sur les voitures en partage du type Autolib.
Autre piste et non la moindre, la localisation des magasins. Quand on sait que 10% des visiteurs du magasin Ikéa de Plaisir viennent… de Rouen, on se dit qu’il y a du travail à faire. C’est aussi cette politique de localisation qui anime Monoprix. L’enseigne est très engagée depuis 15 ans dans une politique « durable » qui impacte non seulement les choix de localisation qui privilégient les espaces de centre-ville et de transit (gare et station de métro), mais aussi la gestion des acheminements de marchandises sur site.

mars 30, 2008. Chronos, Durable, Ecoresponsabilité, Mobilité durable. Laisser un commentaire.

Garder la tête froide et la planète aussi !

rh-durable.png Peut-on mobiliser plusieurs milliers de fans pour un concert et être un pipole éco-responsable ? Oui, affirme Thom Yorke, leader du groupe britannique Radiohead dans les colonnes du International Herald Tribune. Bonne conscience ? politiquement correct ? ou éco-responsable ? Le groupe est soucieux des émissions de carbone crées par leurs concerts et les déplacements de leur public, une position revendiquée également au sein du mouvement The Big Ask, qui milite pour des lois fortes contre le réchauffement climatique.

Le chanteur annonce qu’il n’utilisera l’avion que lorsque c’est indispensable et organisera ses concerts « seulement dans les villes qui bénéficient de réseaux de transport en commun ou dans celles que l’on peut persuader d’en mettre en place ».

Bonne occasion de développer des systèmes de transports à la demande comme le font certaines autorités organisatrices à l’occasion de grandes rencontres sportives, ou de mobiliser des solutions alternatives du type autopartage, covoiturage et vélo en libre-service ? On imagine bien la pertinence de système comme GoLoCo ou Autolib’ pour ce type d’événements ponctuels et massifs… Les solutions existent, c’est à leur appropriation par les usagers qu’il faut à présent réfléchir dans une vision durable.

Plusieurs mois après le Grenelle de l’Environnement, la prise de conscience écologique perdure là où ne l’attend pas forcément… Après le « Faites du vélo » lâché par Christine Lagarde, d’autres personnalités publiques sont moins écologiquement corrects (plus de 600 commentaires sur Le Figaro à propos du coûteux voyage de Christian Estrosi)…

Photo : Foe.co.uk

février 29, 2008. Étiquettes : , , , . Chronos, Durable, Ecoresponsabilité, Mobilité durable. Laisser un commentaire.

Perspectives Urbaines inédites

« Perspectives Urbaines inédites« . C’était l’étendard de cette riche manifestation Villes 2.0 qui a vu, à la Maison des Métallos, une succession d’interventions, de présentations, un film remarquable réalisé par Frank Beau, et des interpellations à suivre via la plume de Hubert Guillaud sur Internetactulive : Demandez l’programme

Le symbole Vélib, un transport public individuel dont la valeur se construit avec ses utilisateurs, Pour Isabelle Mari de JC Decaux et Bruno Marzloff de Chronos : La Ville 2.0 est-elle devenue un lieu d’épanouissement du web 2.0 ?

Cyril Condé, RATP : Tendances de la mobilité durable

• Daniel Kaplan de la Fing, Stéphane Distinguin, pdg de FaberNovel, La ville comme plateforme d’innovation ouverte est-elle – comme le pense Jacques-François Marchandise de la Fing – impossible mais incontournable ?

Comment la ville devenant chaque jour plus complexe peut-elle redevenir familière. Pour Thierry Marcou, directeur du programme Villes2.0, Nicolas Nova et Jean-Louis Fréchin, directeur de NoDesign.net, il y a là encore des tensions à comprendre, pour gérer intelligemment la diversité des signes qu’on voit dans la rue.

Le 5e écran est-il une question réthorique ou ouvre-t-il des perspectives ? Que ce qu’il y a derrière cette « éditorialisation » de la ville dont le CityWall est l’une des matérialisations les plus simplistes ? De nouvelles infrastructures, de nouveaux médiateurs, de nouvelles urbanités émergent, rappelle Bruno Marzloff. De nouveaux projets en sont issus que proposaient Alcatel Lucent (Olivier Martinot) et Egis (Bernard Matyjasik), filiale de la Caisse des dépôts et Consignation.

Georges Amar : Les principes de réalités face aux nouveaux modes de l’information. Le métro est une « puissance d’échange en puissance », selon la formule iconoclaste de Georges Amar de la RATP. Mais quelles applications l’utilisent ? Cette puissance d’échange n’aura de la valeur que si elle est utilisée par des services qui pourront se plugger sur elle. Cela signifie que le métro doit être de plus en plus pluggable ! Ce n’est pas la RATP qui va inventer tous les services d’échanges ou les gérer (même si elle en fera peut-être quelques-uns), mais à d’autres. L’invitation est à une « place de marché » d’un type nouveau est lancée ! Chiche !

• En conclusion, une intervention tonique de Armand Hatchuel : La ville 2.0 c’est qui ? Paris ? Bangalore ?

février 22, 2008. 5e Ecran, Audiences, Chronos, Durable, Ecoresponsabilité, Empowerment, Flux, Hubs, Média, Mobilité, Navigation, Nomade, Quotidien, Suite servicielle, Tag, Temps, Trouvabilité, Villes 2.0. Laisser un commentaire.

L’autolibération

Une fois n’est pas coutume : un billet en anglais dans nos colonnes. Kathrine Fucarile, une Bostonienne vivant à Paris et sensible aux initiatives de sa compatriote Robin Chase à l’origine de deux projets « collectif-individuels » de mobilité durable : ZipCar (le site et nos commentaires ici, ou encore là (un pdf) et GoLoCo d’autre part (le site et nos commentaires ici et . On imagine bien les déclinaisons parisiennes de ces projets au moment où on parle beaucoup d’Autolib et de ses 2000 voitures en libre-service.

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If we’re going to combat global warming, fuel-efficient cars are not enough according to Robin Chase, founder of Zipcar. « If we started today, 10 years from now at the end of this window of opportunity, those fuel efficient cars will reduce our fossil fuel needs by 4%. »

At the TED conference in Monterey, California in March 2007 the entrepreneur discussed two avenues she believes we need to take in order to make a serious reduction in our global carbon footprint: market-based pricing and wireless technology.

Ms. Chase hasn’t just been hitting the conference circuit touting theory while leaning on her MIT degree – she’s been walking the walk. As the brain behind the most successful car sharing company world wide – Zipcar, Chase has now launched GoLoco a ridesharing company that uses the Internet site Facebook as an interface to connect drivers and ride-seekers.

Chase is an environmentalist with a nose for business and a passion for technology. Her Zipcar, now 100,000 members strong, has been expanding rapidly while simultaneously reducing the miles driven annually. How did drivers who were driving an average of 12,000 miles per year cut their road time down to an average of 500 miles a year? Market-based pricing.

« People respond very quickly to prices, » Chase explains. The key was to match an accurate dollar value to the hour of using a car– a price that took into consideration all of the hidden costs of driving. « Why do we travel too much? Car travel is under priced and therefore we over consumed. » Once city drivers became Zipcar members, consumers began to make more efficient trips and eventually fewer trips all together.

This virtually free wireless technology that made Zipcar possible was also the only technology to withstand Katrina’s wrath in New Orleans. So why are municipalities nation-wide are not currently jumping at the chance to use this « mesh network » technology? « Because there is no money to be made, » Chase stated. Yet, as an entrepreneur this doesn’t concern her. She firmly believes that information should be free. Her message to companies dragging their feet was – think outside the box. Use a free wireless network to expand your company and make a lot more money elsewhere.

Pour en savoir plus, une conférence vidéo courte et tonique de Robin Chase et un billet à son propos sur l’excellent Streetblog, dédié aux mobilités urbaines vues des USA.

Sur un sujet connexe, Chronos publie à ce jour un Thema sur les innovations  nippones en matière d’automobile… A lire ici !

février 19, 2008. collectif/individuel, Ecoresponsabilité, Empowerment, On demand, Partages, Ville augmentée. Laisser un commentaire.

Des « intelligences » en partage

nycstreet.png Si vous êtes concerné par les « intelligences » en matière de mobilité urbaine, un détour s’impose vers ces blogs de vidéos remarquablement documentées et bien réalisées : Streetblogs, Streetfilms, et NYCStreets.

Ces plateformes collaboratives font partie de l’ Open Planning Project, un projet open source dont l’objectif est de mener des réflexions de fond sur l’organisation de la ville américaine. Les analyses concernent tant l’investissement artistique de l’espace public urbain par les citadins et l’activisme des cyclistes new-yorkais que des expérimentations stationnement, etc. L’ensemble des ressources porte le label Creative Commons, donc libres de participation, de réutilisation, et de distribution.
La dernière publication de Streetfilms est passionnante : le réseau Transmilenio de Bogota (Colombie) : un réseau de bus ultra-rapides (quelques 40 km/h de moyenne !) transportant 1.3 millions de voyageurs par jour et relié à un réseau conséquent de pistes cyclables, ses stations sont dotées d’immenses parkings à vélo. Ce métro à ciel ouvert s’est substitué au projet initial d’autoroutes et d’échangeurs, jugé trop polluant. Le blog Transid en parle ici.

A mettre dans vos favoris !

janvier 31, 2008. Chronos, Flux, Mobilité, Rythmes urbains, Urbanité, Villes 2.0. Laisser un commentaire.

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