L’autolibération

Une fois n’est pas coutume : un billet en anglais dans nos colonnes. Kathrine Fucarile, une Bostonienne vivant à Paris et sensible aux initiatives de sa compatriote Robin Chase à l’origine de deux projets « collectif-individuels » de mobilité durable : ZipCar (le site et nos commentaires ici, ou encore là (un pdf) et GoLoCo d’autre part (le site et nos commentaires ici et . On imagine bien les déclinaisons parisiennes de ces projets au moment où on parle beaucoup d’Autolib et de ses 2000 voitures en libre-service.

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If we’re going to combat global warming, fuel-efficient cars are not enough according to Robin Chase, founder of Zipcar. « If we started today, 10 years from now at the end of this window of opportunity, those fuel efficient cars will reduce our fossil fuel needs by 4%. »

At the TED conference in Monterey, California in March 2007 the entrepreneur discussed two avenues she believes we need to take in order to make a serious reduction in our global carbon footprint: market-based pricing and wireless technology.

Ms. Chase hasn’t just been hitting the conference circuit touting theory while leaning on her MIT degree – she’s been walking the walk. As the brain behind the most successful car sharing company world wide – Zipcar, Chase has now launched GoLoco a ridesharing company that uses the Internet site Facebook as an interface to connect drivers and ride-seekers.

Chase is an environmentalist with a nose for business and a passion for technology. Her Zipcar, now 100,000 members strong, has been expanding rapidly while simultaneously reducing the miles driven annually. How did drivers who were driving an average of 12,000 miles per year cut their road time down to an average of 500 miles a year? Market-based pricing.

« People respond very quickly to prices, » Chase explains. The key was to match an accurate dollar value to the hour of using a car– a price that took into consideration all of the hidden costs of driving. « Why do we travel too much? Car travel is under priced and therefore we over consumed. » Once city drivers became Zipcar members, consumers began to make more efficient trips and eventually fewer trips all together.

This virtually free wireless technology that made Zipcar possible was also the only technology to withstand Katrina’s wrath in New Orleans. So why are municipalities nation-wide are not currently jumping at the chance to use this « mesh network » technology? « Because there is no money to be made, » Chase stated. Yet, as an entrepreneur this doesn’t concern her. She firmly believes that information should be free. Her message to companies dragging their feet was – think outside the box. Use a free wireless network to expand your company and make a lot more money elsewhere.

Pour en savoir plus, une conférence vidéo courte et tonique de Robin Chase et un billet à son propos sur l’excellent Streetblog, dédié aux mobilités urbaines vues des USA.

Sur un sujet connexe, Chronos publie à ce jour un Thema sur les innovations  nippones en matière d’automobile… A lire ici !

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février 19, 2008. collectif/individuel, Ecoresponsabilité, Empowerment, On demand, Partages, Ville augmentée. Laisser un commentaire.

Chronomove en tête des Location-Based Services à Barcelone

senda-lbs.png Le service d’infomobilité « Chronomove » de Senda a obtenu le prix « First runner up » du concours Global LBS (Location-Based Services) Challenge 2008 organisé par la société NAVTEQ au Mobile World Congress 2008 de Barcelone.

Pour ceux que cela intéresse, Chronos avait publié en octobre dernier un entretien avec Angel Talamona, PDG de Senda. Vous pouvez le télécharger librement ici !

février 18, 2008. Chronos, géolocalisation, Navigation, Partages, Place de marché, PND, Temps, Temps réel. Laisser un commentaire.

Les citizen marketers à l’écran

Dans tous les domaines, les « citizen marketers » sont à la mode. En matière de transport et en France, la RATP a initié cette stratégie d’écoute depuis mai dernier. Depuis décembre 2007, la SNCF met aussi en place sa plateforme internet de dialogue avec les usagers. 17 interlocuteurs SNCF de divers domaines de compétences répondent aux remarques et questions plébiscitées en fonction de leur intérêt. Déjà plus de 5.000 contributions sont recensées.

Comment tirer parti de ces échanges ? Est-il possible de valoriser les expériences des individus lors de leurs déplacements ? Le bilan du site collaboratif de la RATP affiche seulement trois modérations sur 1200 interventions et beaucoup de propositions pertinentes concernent l’information (annonces sonores dans les rames de métro ou les temps d’attente à l’entrée des stations, etc.). Métro livrait un chiffre intéressant : 80% des internautes privilégient l’amélioration de l’offre existante plutôt que la création de lignes ou de services.

Pour autant, les opérateurs sont confrontés à la définition d’un lieu de dialogue intelligent avec leurs client où tous tirent profit du dialogue et où l’opérateur communique efficacement. Ces places de marché émergent. Ainsi, sur la côte Est des Etats-Unis, Clever Commute propose de l’information collaborative (du métro à la voiture) sans qu’aucun transporteur officiel n’y soit associé. Paradoxe ! c’est aux opérateurs de trouver leur place au sein de ces communautés d’usagers.

Le chemin de la simplicité est long. Là où les plateformes de la RATP et de la SNCF nécessitent un traitement des données, une application élémentaire comme Twitter (microblogging) permet aux clients et aux opérateurs d’échanger de l’information en temps réel… et de gérer efficacement les pertubations. Mise en place pour le Métro de San Francisco, ce système se décline à Londres. Elle est le fait d’un usager du Tube qui propose de souscrire à des flux d’informations pour chaque ligne, via son outil : Twitter Tube Tracker. Simple, non ?

février 12, 2008. Audiences, Chronos, crowdsourcing, Navigation, Partages, Place de marché. 1 commentaire.

Pas de marche arrière sur le vélo

Au programme de la matinée du Congrès International ATEC-ITS France la mobilité durable et deux de ses points d’appui : l’autopartage et le vélo en libre-service. A l’issue de la session, l’enjeu de la pérénité du vélo dans les villes.

Les collectivités ont-elle vraiment pris la mesure de la montée en puissance du vélo dans la ville ?
C’est la question que posait Véronique Michaud (secrétaire générale du Club des Villes Cyclables).

Il n’y aura pas de marche arrière sur le vélo ! Le VLS (vélo libre-service) est l’arbre qui cache la forêt. Il a révélé une demande latente et puissante débordant le phénomène de mode. L’abondance de sites Web associatifs cyclistes montre que la société civile a un temps d’avance sur l’exécutif des villes. L’opinion des usagers est tournée vers le vélo. Il suffisait pour l’admettre de lire les commentaires des lecteurs faits à la suite de l’édito « anti-Vélib’ » du monde.

(Voir Vélib’ contre Le Monde grincheux)

Les élus vont probablement s’apercevoir que leur politique vélo est faible, anecdotique. Car il ne s’agit pas seulement « d’offrir » un système de VLS à sa ville. Il faudra rapidement résoudre les questions de monopole et d’intéropérabilité des VLS, parce que le vélo ne se pense pas en « monomode » : il redéfinit aussi l’articulation des modes doux (voir les propositions des usagers à la SNCF) . La demande existe et elle s’exprime. Il faudra aussi faire de la place aux vélos particuliers, favoriser l’intermodalité, etc. Le stationnement vélo cristallise d’ailleurs ce phénomène. A Grenoble, des listes d’attentes de cyclistes qui veulent disposer d’un parking vélo en gare se forment… Ils sont déjà 150 ! Pédaler à reculons est impossible !

février 7, 2008. Chronos, collectif/individuel, Durable, Intermodal, Mobilité, Partages, Vélib, Vélo. 2 commentaires.

Google contrôle la maîtrise de l’usager

Google vient d’ouvrir ses cartes (Google Maps) à aux internautes d’Australie, des Etats-Unis, et de Nouvelle Zélande (Ecrans – Google Maps joue la carte participative). Ces derniers peuvent désormais déplacer les marqueurs sur les cartes originales et compléter les informations fournies en dehors de celles qui relèvent de lieux ou bâtiments officiels. Google joue la carte du partage : les cartes s’enrichissent au gré des modifications même si les originales sont conservées. Ces cartes collaboratives bénéficient aussi de l’option de partage de cartes personnelles déjà disponible sur My Maps. L’objectif est d’agréger des informations granulaires, voire personnelles et de les réintégrer à une échelle globale.
La firme poursuit sa logique de grand écart, de l’hyperlocal au global.

Les bénéfices de l’utilisateur sont indéniables grâce à l’enrichissement des bases de données. Les bénéfices publicitaires de Google ne le sont pas moins. L’objectif répété reste « organiser l’information mondiale ». Ce qui est nouveau, ce sont deux choses : le sentiment d’appropriation concédé à l’usager et l’ancrage en milieu urbain, prémices des bases d’informations diffusées demain sur les mobiles : « Nous voulons qu’elle inclue votre quartier. Mais vous le connaissez mieux que nous, alors maintenant vous pouvez aider à vous assurer que le monde entier puisse le voir correctement ». Une modération se met en place ; optimale pour garantir la fiabilité et l’actualité des cartes et suffisamment souple pour ne pas décourager leur utilisation. Le billet d’Affordance (Google est le WebOS) résume parfaitement la philosophie :

« Tu fais ce que tu veux chez moi, tu y invites qui tu veux, tu t’y comportes comme tu veux mais … tu n’oublies pas que tu es chez moi. » Ou plus précisément, moi propriétaire, je mets tout en oeuvre pour te permettre d’oublier que tu es chez moi : en te laissant te comporter à ta guise, en te laissant meubler (…) je t’observe (…) pour rendre monétisable chacune de tes actions, chacun de tes comportements. »

Bref, du collaboratif sous contrôle et sous bénéfice d’inventaire.

novembre 27, 2007. 5e Ecran, cartographie, Chronos, Navigation, Partages, Réseaux sociaux. Laisser un commentaire.

A partir de quand marche l’autopartage ?

L’autopartage ne saurait rester confidentiel comme il l’est à Paris depuis des années, même avec les initiatives du printemps. Mais comment le faire sortir de l’ombre et démontrer ses vertus. Sans prétendre aux performances de Vélib’, on pourrait imaginer plus de réussite que ce qui se passe à ce jour. La « Journée Nationale de l’Autopartage à Paris », organisée le 15 novembre à l’Hôtel de Ville, se penchait entre autres sur cette question.

Premier consensus, la communication sur le service gagnerait à s’enrichir d’une pédagogie d’accompagnement. En effet, 60% des sondés (selon une étude du cabinet 6T) n’ont jamais entendu parler d’autopartage, et 30% le confondent avec le covoiturage. Il faut créer les chemins d’information qui mèneront au service. Seul 1% des personnes interrogées font une analogie entre Vélib’ et les services d’autopartage… Le chiffre est dérisoire, mais le rapprochement offre sans doute l’opportunité d’un marchepied pédagogique pour l’adhésion aux services de véhicules en partage, puisque l’un et l’autre partagent la dimension de mode collectif-individuel.

La densité du réseau est le meilleur gage de visibilité et d’usage pour l’autopartage. Encore dans ses premiers pas, Okigo (www.okigo.fr) souffre d’un maillage peu dense. Depuis l’été 2007, 20 véhicules répartis dans 4 stations définissent son offre qui réunit près de 200 abonnés. La société annonçait hier l’ouverture de 24 nouvelles stations d’autopartage au premier trimestre 2008. Selon Louis Marmillon, Directeur des opérations Okigo, les stations (donc près de 30 au total prochainement) comprendront de 3 à 5 véhicules chacune (donc quelque 120 véhicules). De plus, des stations légères sur voirie sont également au programme. La question reste celle du seuil. A partir de quel moment une offre de ce type devient-elle visible et encourage t-elle le cercle vertueux ?

A cette question du seuil, s’en ajoute une autre : la voiture doit-elle être ramenée à son point de départ ou peut-on imaginer, à la manière de Vélib’ un jeu libre des voitures selon les stations ? Selon le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles, Bertrand Delanoë prévoirait à Paris un système de voiture en libre-service, calqué sur le modèle du Vélib’, avec pas moins de… 2.000 véhicules ! L’article mentionne un projet similaire (avec 2.500 véhicules) dans l’équipe de Françoise de Panafieu.

novembre 16, 2007. Chronos, collectif/individuel, Mobilité, Mobilité durable, Partages, Urbanité. Laisser un commentaire.

Twitter à l’usage de la ville

Twitter (c’est gazouiller en traduction littérale, mais sa définition fonctionnelle semble floue) est très jeune (naissance 06/07), très actif et très populaire. Autre émanation urbaine du 5e écran, il permet de rester en lien via des SMS en adressant à ses contacts quelques mots, résumant le plus souvent son activité ou ses pensées du moment. Le blogueur Pierre Chappaz trouve le service « inutile » et provoque un débat (plus de 50 commentaires postés). Sur TechCrunch, la montée en puissance de Twitter ne laisse pas indifférent (encore 50 commentaires) et suscite la question de ses possibles champs d’application. Outre-atlantique, le site Mediashift pose le même constat.

Il y aurait-il des dimensions utilitaires au-delà de ces liens « sociaux » en temps réel ? C’est finalement en s’extirpant des frontières du web et en migrant vers la ville et le mobile que Twitter trouve des applications significatives. Ainsi, l’autorité de transport de San Francisco (BARTsf) exploite la plate-forme pour publier annonces et informations de trafic. Le service au départ individuel et ludique devient collectif et utile. Cette utilisation de Twitter est déclinée à Londres.

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A Londres ou à San Francisco, les usagers ont – sous couvert de modération – droit de parole comme l’illustrent ces messages :

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Les opérateurs de transport bénéficient là d’un service au coût de fonctionnement proche du nul. Le bénéfice utilisateur est dans l’imédiateté et le mouvement puisque la version mobile de Twitter existe déjà !

Les déclinaisons TwitterVision et TwitterMap poussent le service sur une échelle globale, en plaçant les messages sur une carte, manière de les contextualiser selon le temps et le lieu d’envoi. Une récente déclinaison, TwitterWhere en fait un outil du quotidien en permettant automatiquement de réactualiser la position géographique de l’utilisateur et de recevoir des informations en conséquence. Plus récemment, Tracking Twitter propose de souscrire à un “tag“ (mot-clef) comme “Paris » ou n’importe quel autre, pour recevoir les messages publiques qui contiennent ce mot et pouvoir interroger le service sur l’identité de l’envoyeur, ou encore continuer à recevoir les messages qu’il publie.  C’est autant de potentialités d’applications dans la ville qui demandent à être trouvées !

octobre 25, 2007. Étiquettes : , , , , . 5e Ecran, Chronos, Empowerment, géolocalisation, Partages, Réseaux sociaux. 2 commentaires.

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