Vélo et hip-hop : « nothing’s equivalent to the bike state of mind »*

*référence à la dernière phrase de l’hymne « New York State Of Mind », de Nas (1994)

Les rappeurs cachent bien leur jeu… N’en déplaise aux grosses cylindrées de certains clips, le vélo est au cœur de la culture hip-hop. Dans le cadre de son Téma Hip-Hop, le Centre Musical Barbara présentait récemment quelques vélos low-rider et autres chopper bikes aux allures de Harley Davidson, inventés dans les années 80 par les hispaniques de Los Angeles.

Se faire remarquer pour s’imposer dans la rue… Le culte de la frime qui caractérise le hip-hop trouve un écho dans le vélo (comme dans ce clip des Cool Kids), au même titre que la basket ou le ghetto-blaster. C’est d’ailleurs sur deux roues que l’apprenti gangster fera ses premières armes dans le jeu vidéo GTA San Andreas. Et les derniers rappeurs à la mode s’offrent de luxueux fixies personnalisés (pour « fixed-gear bike »), ces vélos sans frein utilisés par les coursiers new-yorkais. Déjà en 1986 dans The P Is Free, le rappeur KRS-One s’en servait pour impressionner ces dames :

Ridin’ one day on my freestyle fix
Jammin’ to a tape Scott Larock had mixed
I said to myself this tape sound funky
Ridin’ past the 116th street junkie
Thought I saw Denise but I was only assumin’
Took another look and that butt was boomin’
Did a little trick on my freestyle fix

Sound-systems bikes, by Katie Callan

Sound-systems bikes, by Katie Callan

Bricolé à l’envi, le vélo devient le jouet des acrobates urbains et de leurs figures sans cesse réinventées. Comme le break dance ou le graffiti, le vélo est devenu un mode d’expression urbaine à part entière avec ses codes et ses détournements. Alors, quand le hip-hop et le vélo s’associent pour approprier la ville, le résultat est plutôt croustillant ! A Louisville, on enseigne l’usage des portes-vélos en musique (« Stuck in That Congestion ? I Got One Suggestion »). De leurs côtés, les jeunes d’Oakland rendent hommage à leurs « scraper bikes » et redonnent vie aux quartiers en diffusant de la musique mobile (If Everybody Rode A Scraper Bike). A New York aussi, les vélos se transforment en d’impressionnants sound-systems immortalisés par Katie Callan. Le vélo a réussi à s’imposer dans la street culture et ne démérite pas face aux moteurs vrombissants. Rien d’étonnant pour une culture profondément urbaine !

Publicités

décembre 16, 2008. Étiquettes : , . Chronos, Urbanité, Vélo. 1 commentaire.

« Le cycliste est un piéton véloce »

Cette vidéo (que l’on peut retrouver aussi sur le site du Club des Villes Cyclables) réalisée par Serge Morin, nous montre qu’à Tokyo , la ville est capable de faire coexister cyclistes et piétons, en en trouvant le rythme de concordance.

Qu’en est-il en France ? Les dernières investigations menées par Chronos, illustrent des passerelles encore mal comprises entre le statut de cycliste et celui de piéton. A quoi cela tient-il ? Deux personnes nous livraient récemment leur vision. L’une pointait une « incohérence » : celle d’espaces dédiés aux seuls piétons, handicapant pour les cyclistes :

Cette petite ville (Annecy) (…) C’est complètement aménagé pour les vélos. Alors je trouvais que c’était un p’tit peu… comment… y’avait quelque chose d’un p’tit peu incohérent, c’est qu’la ville est également faite pour les piétons et donc tous les trajets les plus rapides étant par des voies piétonnes, fallait descendre de son vélo et marcher à côté de son vélo, et les trajets prévus pour les vélos c’était des… des.. des… des tours, des périmètres… (elle fait le signe d’un détour avec ses bras).

A l’inverse, deux autres personnes jugent que le mélange des modes (marche et vélo) sur des espaces communs sont source de frictions, et donc de conflits.

Je fais gaffe parce qu’il ya pas mal d’accidents, des soucis comme ça et moi-même en marchant à pied et que je rencontre que des vélos, maintenant j’ai envie de pousser quoi … les jarter, j’ai envie de leurs gueuler dessus comme quand une voiture respecte pas un passage piétions quoi. Question de …. Voila

Le piéton c’est pas ce bipède qui me gene sur les trottoirs quand je suis à vélo ?
Quand ils ne sont pas en voiture sur la route ceux-là, on les retrouve sur le pavé, toujours là ou ils ne doivent pas y être. (Commentaire recueilli sur ce blog).

La multiplication des modes de déplacements (marche, vélos, mais aussi bientôt voitures en partage et covoiturage) ne permettra pas de multiplier les voies et espaces réservés. En filigrane, la question qui est posée est davantage celle d’une pédagogie de la coexistence des modes piétons et cyclistes que celle d’un cloisonnement modal. En Europe certaines expérimentations proposent de réduire les vitesses de circulation en évitant tout cloisonnement des modes via des espaces partagés, en allégeant de manière drastique les signalisations particulières. Les bénéfices ? Une nécessaire reconnaissance des modes entre eux, et des articulations qui permettent la mise en place de leur chorégraphie naturelle… Nécessairement lente ? Pourquoi pas si la lenteur conditionne la sécurité de tous. Le Monde décrivait récemment la « nostalgie » des « flux modestes » dans une ville comme Toulouse :

Avec notre métro aux rames courtes, nerveux et ponctuel, on se déplace vite. (…) Les flâneurs et les rêveurs ne prennent pas le métro. (…) Le spectacle de la cohabitation des piétons, cyclistes, deux-roues motorisés, voitures et rollers sur les mêmes espaces, dont cette rue d’Alsace-Lorraine récemment transformée en sorte de Luna Park et de galerie marchande à ciel ouvert, laisse pantois. La modestie des flux explique vraisemblablement l’absence de victimes.

mars 10, 2008. Civilité, coexistence, Flux, Marche, Rythmes urbains, Urbanité, Vélo. Laisser un commentaire.

Mon audience à moi

Qui lit mon blog ? Qui sont mes contacts Facebook ou MySpace ? Qui suit mon fil Twitter ? Tous composent mon audience personnelle. L’idée n’a pas échappé à Bouygues Télécom qui, dans cette vidéo-pub, « matérialise » les numéros d’un répertoire en individus.

[Dailymotion id=x423c0&v3]

Dans cette dimension inédite de notre égo numérique, le mobile devient relais d’audience. Il est aussi l’outil capable d’atteindre son-audience-à-soi en temps réel : un public qui lit mes posts, visualise mes photos, apprécie l’étendue de mon réseau, consulte mon agenda ou mes cartes… Dans cette gestion, les individus en viennent à rencontrer les problématiques des médias officiels !

février 20, 2008. 5e Ecran, Audiences, égocentrique, Chronos, Egocasting, Réseaux sociaux. Laisser un commentaire.

L’autolibération

Une fois n’est pas coutume : un billet en anglais dans nos colonnes. Kathrine Fucarile, une Bostonienne vivant à Paris et sensible aux initiatives de sa compatriote Robin Chase à l’origine de deux projets « collectif-individuels » de mobilité durable : ZipCar (le site et nos commentaires ici, ou encore là (un pdf) et GoLoCo d’autre part (le site et nos commentaires ici et . On imagine bien les déclinaisons parisiennes de ces projets au moment où on parle beaucoup d’Autolib et de ses 2000 voitures en libre-service.

goloco.jpg

If we’re going to combat global warming, fuel-efficient cars are not enough according to Robin Chase, founder of Zipcar. « If we started today, 10 years from now at the end of this window of opportunity, those fuel efficient cars will reduce our fossil fuel needs by 4%. »

At the TED conference in Monterey, California in March 2007 the entrepreneur discussed two avenues she believes we need to take in order to make a serious reduction in our global carbon footprint: market-based pricing and wireless technology.

Ms. Chase hasn’t just been hitting the conference circuit touting theory while leaning on her MIT degree – she’s been walking the walk. As the brain behind the most successful car sharing company world wide – Zipcar, Chase has now launched GoLoco a ridesharing company that uses the Internet site Facebook as an interface to connect drivers and ride-seekers.

Chase is an environmentalist with a nose for business and a passion for technology. Her Zipcar, now 100,000 members strong, has been expanding rapidly while simultaneously reducing the miles driven annually. How did drivers who were driving an average of 12,000 miles per year cut their road time down to an average of 500 miles a year? Market-based pricing.

« People respond very quickly to prices, » Chase explains. The key was to match an accurate dollar value to the hour of using a car– a price that took into consideration all of the hidden costs of driving. « Why do we travel too much? Car travel is under priced and therefore we over consumed. » Once city drivers became Zipcar members, consumers began to make more efficient trips and eventually fewer trips all together.

This virtually free wireless technology that made Zipcar possible was also the only technology to withstand Katrina’s wrath in New Orleans. So why are municipalities nation-wide are not currently jumping at the chance to use this « mesh network » technology? « Because there is no money to be made, » Chase stated. Yet, as an entrepreneur this doesn’t concern her. She firmly believes that information should be free. Her message to companies dragging their feet was – think outside the box. Use a free wireless network to expand your company and make a lot more money elsewhere.

Pour en savoir plus, une conférence vidéo courte et tonique de Robin Chase et un billet à son propos sur l’excellent Streetblog, dédié aux mobilités urbaines vues des USA.

Sur un sujet connexe, Chronos publie à ce jour un Thema sur les innovations  nippones en matière d’automobile… A lire ici !

février 19, 2008. collectif/individuel, Ecoresponsabilité, Empowerment, On demand, Partages, Ville augmentée. Laisser un commentaire.

Chronomove en tête des Location-Based Services à Barcelone

senda-lbs.png Le service d’infomobilité « Chronomove » de Senda a obtenu le prix « First runner up » du concours Global LBS (Location-Based Services) Challenge 2008 organisé par la société NAVTEQ au Mobile World Congress 2008 de Barcelone.

Pour ceux que cela intéresse, Chronos avait publié en octobre dernier un entretien avec Angel Talamona, PDG de Senda. Vous pouvez le télécharger librement ici !

février 18, 2008. Chronos, géolocalisation, Navigation, Partages, Place de marché, PND, Temps, Temps réel. Laisser un commentaire.

Vélo + marche = shopping agile ?

Sur le site du Club des Villes Cyclables, une vidéo de Serge Morin, maire adjoint de Lorient, s’interroge sur les compatibilités des modes de déplacements. « Le cycliste est un piéton véloce » illustre la fluidité des déplacements quotidiens de piétons et cyclistes dans la ville automobile. Un des enjeux est l’accessibilité des centres-villes. Ces coexistences intelligentes garantissent aussi un flux commercial aux enseignes locales.
Vélobuc tord le cou à une idée reçue qui consiste à dire que « faire ses courses n’est possible qu’en voiture » en proposant une série d’équipements pour vélo.
En 2002 (déjà !) Frédéric Héran insistait sur cette capacité du cycliste à devenir piéton pour consommer plus facilement : « A chaque visite, un automobiliste dépense plus qu’un cycliste parce qu’il doit rentabiliser son déplacement » ; ce que confirme Velo-Cité : En moyenne, les cyclistes sont de meilleurs clients des commerces de centre ville que les automobilistes : ils achètent 30% de moins par visite, mais viennent deux fois plus souvent.
En Asie, certains modèles de vélos sont même spécialement adaptés la pratique du shopping !

carrybike.png

février 13, 2008. Chronos, Urbanité, Vélo. Laisser un commentaire.

Les citizen marketers à l’écran

Dans tous les domaines, les « citizen marketers » sont à la mode. En matière de transport et en France, la RATP a initié cette stratégie d’écoute depuis mai dernier. Depuis décembre 2007, la SNCF met aussi en place sa plateforme internet de dialogue avec les usagers. 17 interlocuteurs SNCF de divers domaines de compétences répondent aux remarques et questions plébiscitées en fonction de leur intérêt. Déjà plus de 5.000 contributions sont recensées.

Comment tirer parti de ces échanges ? Est-il possible de valoriser les expériences des individus lors de leurs déplacements ? Le bilan du site collaboratif de la RATP affiche seulement trois modérations sur 1200 interventions et beaucoup de propositions pertinentes concernent l’information (annonces sonores dans les rames de métro ou les temps d’attente à l’entrée des stations, etc.). Métro livrait un chiffre intéressant : 80% des internautes privilégient l’amélioration de l’offre existante plutôt que la création de lignes ou de services.

Pour autant, les opérateurs sont confrontés à la définition d’un lieu de dialogue intelligent avec leurs client où tous tirent profit du dialogue et où l’opérateur communique efficacement. Ces places de marché émergent. Ainsi, sur la côte Est des Etats-Unis, Clever Commute propose de l’information collaborative (du métro à la voiture) sans qu’aucun transporteur officiel n’y soit associé. Paradoxe ! c’est aux opérateurs de trouver leur place au sein de ces communautés d’usagers.

Le chemin de la simplicité est long. Là où les plateformes de la RATP et de la SNCF nécessitent un traitement des données, une application élémentaire comme Twitter (microblogging) permet aux clients et aux opérateurs d’échanger de l’information en temps réel… et de gérer efficacement les pertubations. Mise en place pour le Métro de San Francisco, ce système se décline à Londres. Elle est le fait d’un usager du Tube qui propose de souscrire à des flux d’informations pour chaque ligne, via son outil : Twitter Tube Tracker. Simple, non ?

février 12, 2008. Audiences, Chronos, crowdsourcing, Navigation, Partages, Place de marché. 1 commentaire.

Page suivante »