« Le cycliste est un piéton véloce »

Cette vidéo (que l’on peut retrouver aussi sur le site du Club des Villes Cyclables) réalisée par Serge Morin, nous montre qu’à Tokyo , la ville est capable de faire coexister cyclistes et piétons, en en trouvant le rythme de concordance.

Qu’en est-il en France ? Les dernières investigations menées par Chronos, illustrent des passerelles encore mal comprises entre le statut de cycliste et celui de piéton. A quoi cela tient-il ? Deux personnes nous livraient récemment leur vision. L’une pointait une « incohérence » : celle d’espaces dédiés aux seuls piétons, handicapant pour les cyclistes :

Cette petite ville (Annecy) (…) C’est complètement aménagé pour les vélos. Alors je trouvais que c’était un p’tit peu… comment… y’avait quelque chose d’un p’tit peu incohérent, c’est qu’la ville est également faite pour les piétons et donc tous les trajets les plus rapides étant par des voies piétonnes, fallait descendre de son vélo et marcher à côté de son vélo, et les trajets prévus pour les vélos c’était des… des.. des… des tours, des périmètres… (elle fait le signe d’un détour avec ses bras).

A l’inverse, deux autres personnes jugent que le mélange des modes (marche et vélo) sur des espaces communs sont source de frictions, et donc de conflits.

Je fais gaffe parce qu’il ya pas mal d’accidents, des soucis comme ça et moi-même en marchant à pied et que je rencontre que des vélos, maintenant j’ai envie de pousser quoi … les jarter, j’ai envie de leurs gueuler dessus comme quand une voiture respecte pas un passage piétions quoi. Question de …. Voila

Le piéton c’est pas ce bipède qui me gene sur les trottoirs quand je suis à vélo ?
Quand ils ne sont pas en voiture sur la route ceux-là, on les retrouve sur le pavé, toujours là ou ils ne doivent pas y être. (Commentaire recueilli sur ce blog).

La multiplication des modes de déplacements (marche, vélos, mais aussi bientôt voitures en partage et covoiturage) ne permettra pas de multiplier les voies et espaces réservés. En filigrane, la question qui est posée est davantage celle d’une pédagogie de la coexistence des modes piétons et cyclistes que celle d’un cloisonnement modal. En Europe certaines expérimentations proposent de réduire les vitesses de circulation en évitant tout cloisonnement des modes via des espaces partagés, en allégeant de manière drastique les signalisations particulières. Les bénéfices ? Une nécessaire reconnaissance des modes entre eux, et des articulations qui permettent la mise en place de leur chorégraphie naturelle… Nécessairement lente ? Pourquoi pas si la lenteur conditionne la sécurité de tous. Le Monde décrivait récemment la « nostalgie » des « flux modestes » dans une ville comme Toulouse :

Avec notre métro aux rames courtes, nerveux et ponctuel, on se déplace vite. (…) Les flâneurs et les rêveurs ne prennent pas le métro. (…) Le spectacle de la cohabitation des piétons, cyclistes, deux-roues motorisés, voitures et rollers sur les mêmes espaces, dont cette rue d’Alsace-Lorraine récemment transformée en sorte de Luna Park et de galerie marchande à ciel ouvert, laisse pantois. La modestie des flux explique vraisemblablement l’absence de victimes.

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mars 10, 2008. Civilité, coexistence, Flux, Marche, Rythmes urbains, Urbanité, Vélo. Laisser un commentaire.

Perspectives Urbaines inédites

« Perspectives Urbaines inédites« . C’était l’étendard de cette riche manifestation Villes 2.0 qui a vu, à la Maison des Métallos, une succession d’interventions, de présentations, un film remarquable réalisé par Frank Beau, et des interpellations à suivre via la plume de Hubert Guillaud sur Internetactulive : Demandez l’programme

Le symbole Vélib, un transport public individuel dont la valeur se construit avec ses utilisateurs, Pour Isabelle Mari de JC Decaux et Bruno Marzloff de Chronos : La Ville 2.0 est-elle devenue un lieu d’épanouissement du web 2.0 ?

Cyril Condé, RATP : Tendances de la mobilité durable

• Daniel Kaplan de la Fing, Stéphane Distinguin, pdg de FaberNovel, La ville comme plateforme d’innovation ouverte est-elle – comme le pense Jacques-François Marchandise de la Fing – impossible mais incontournable ?

Comment la ville devenant chaque jour plus complexe peut-elle redevenir familière. Pour Thierry Marcou, directeur du programme Villes2.0, Nicolas Nova et Jean-Louis Fréchin, directeur de NoDesign.net, il y a là encore des tensions à comprendre, pour gérer intelligemment la diversité des signes qu’on voit dans la rue.

Le 5e écran est-il une question réthorique ou ouvre-t-il des perspectives ? Que ce qu’il y a derrière cette « éditorialisation » de la ville dont le CityWall est l’une des matérialisations les plus simplistes ? De nouvelles infrastructures, de nouveaux médiateurs, de nouvelles urbanités émergent, rappelle Bruno Marzloff. De nouveaux projets en sont issus que proposaient Alcatel Lucent (Olivier Martinot) et Egis (Bernard Matyjasik), filiale de la Caisse des dépôts et Consignation.

Georges Amar : Les principes de réalités face aux nouveaux modes de l’information. Le métro est une « puissance d’échange en puissance », selon la formule iconoclaste de Georges Amar de la RATP. Mais quelles applications l’utilisent ? Cette puissance d’échange n’aura de la valeur que si elle est utilisée par des services qui pourront se plugger sur elle. Cela signifie que le métro doit être de plus en plus pluggable ! Ce n’est pas la RATP qui va inventer tous les services d’échanges ou les gérer (même si elle en fera peut-être quelques-uns), mais à d’autres. L’invitation est à une « place de marché » d’un type nouveau est lancée ! Chiche !

• En conclusion, une intervention tonique de Armand Hatchuel : La ville 2.0 c’est qui ? Paris ? Bangalore ?

février 22, 2008. 5e Ecran, Audiences, Chronos, Durable, Ecoresponsabilité, Empowerment, Flux, Hubs, Média, Mobilité, Navigation, Nomade, Quotidien, Suite servicielle, Tag, Temps, Trouvabilité, Villes 2.0. Laisser un commentaire.

Puma met une pompe dans la mobilité urbaine

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On pense a priori que la marque s’adresse au piéton… Mais surprise, la gamme du fabricant de chaussure de sport, labellisée « Urban Mobility« , a de la mobilité une vision bien plus large !
Sur un fond de carte scénographiée, les accessoires s’inscrivent naturellement dans les situations de mobilités urbaines et jalonnent leurs temporalités : sorties de bureau (Out of Office), activités quotidiennes (Out and About) et même le « break » (Out of Town) ! Les déplacements scénarisés valorisent les accessoires Puma, à l’image de la ceinture garantie sans métal qui permet de passer les sas de sécurité des aéroports sans les faire hurler !

La marque va jusqu’à nous vendre un scénario « vélo » bien rodé ! Deux parcours sur une carte interactive affichent les impedimenta à la pratique du vélo en ville et les atouts du biclou Puma… Si les fabricants de chaussures commencent à vendre des vélos et à parler de mobilité, rares sont ceux qui pourront faire l’impasse sur cet enjeu des villes… Une affaire à suivre !

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février 21, 2008. Chronos, Fluidité, Flux, Hubs, Marche, Quotidien, Vélo. Laisser un commentaire.

Rien du tout de tout le temps

The New York Times, Christoph Niemann Christoph Niemann, The New York Times

« Non pas un peu de rien entre des explosions de beaucoup. Rien du tout de tout le temps » (« Not just a little bit of nothing between bursts of something. I’m talking about all nothing, all the time »). A quelques jours d’écart Le Monde (« Il est temps de retrouver les plaisirs du tourisme lent ») puis le New York Times (All Nothing, All the Time) se penchent sur le rythme de la vacance. Peut-on décrocher ? mais décrocher complètement ? Comment échapper à la sollicitude bienveillante et hystérique qui flatte le compulsif ? La nuit n’y échappe pas quelle que soient les excellentes intentions de leurs promoteurs, qu’il s’agisse du iDTGV qui propose le premier train-boîte de nuit sur les rails en avril ou du wifi qui tentacule ses réseaux jusque dans les jardins publics et dans les chambres d’hôtel.
« Il est temps – propose Ghislain Dubois dans Le Monde, maître de conférences associé et directeur de Tec – de réfléchir à une autre culture du voyage, à un changement dans le comportement du voyageur. Passer d’une logique de mobilité compulsive, de vacances sans grand contenu, à un tourisme désiré, choisi, beaucoup plus lent. » Il se trouve que la satisfaction de cette exigence vaut autant de bénéfices pour soi que pour la planète. Alors pourquoi se priver de cet inestimable « temps pour rien ». La sieste par exemple, « l’usage des temps est – dit Thierry Paquot dans l’incontournable petit essai à humer le temps d’une sieste (L’art de la sieste, aux éditions Zulma) –, crucial, décisif. C’est pourquoi la sieste est un acte de résistance, une prise de position, une politique ». Le lire aussi fait partie du rien. Le lire aussi est un acte de résistance !

février 16, 2008. Chronos, City Break, Imaginaire, Productivité, Rythmes urbains. Laisser un commentaire.

Des « intelligences » en partage

nycstreet.png Si vous êtes concerné par les « intelligences » en matière de mobilité urbaine, un détour s’impose vers ces blogs de vidéos remarquablement documentées et bien réalisées : Streetblogs, Streetfilms, et NYCStreets.

Ces plateformes collaboratives font partie de l’ Open Planning Project, un projet open source dont l’objectif est de mener des réflexions de fond sur l’organisation de la ville américaine. Les analyses concernent tant l’investissement artistique de l’espace public urbain par les citadins et l’activisme des cyclistes new-yorkais que des expérimentations stationnement, etc. L’ensemble des ressources porte le label Creative Commons, donc libres de participation, de réutilisation, et de distribution.
La dernière publication de Streetfilms est passionnante : le réseau Transmilenio de Bogota (Colombie) : un réseau de bus ultra-rapides (quelques 40 km/h de moyenne !) transportant 1.3 millions de voyageurs par jour et relié à un réseau conséquent de pistes cyclables, ses stations sont dotées d’immenses parkings à vélo. Ce métro à ciel ouvert s’est substitué au projet initial d’autoroutes et d’échangeurs, jugé trop polluant. Le blog Transid en parle ici.

A mettre dans vos favoris !

janvier 31, 2008. Chronos, Flux, Mobilité, Rythmes urbains, Urbanité, Villes 2.0. Laisser un commentaire.

La mobilité en général trouvera ses solutions dans la mobilité de travail

Le rapport émis par l’Institut pour la Ville en Mouvement souligne la préoccupation grandissante pour les questions de mobilité au sein des entreprises sondées. A la question des difficultés ressenties par le personnel d’entreprise, celles liées aux déplacements pointent en première place (91% des répondants), suivies de celles liées au logement qui leur sont afférentes (87%). Pour les salariés, les entreprises sont clairement concernées par la question du transport (ils sont seulement 7% à s’opposer à cette idée).

Pourquoi est-ce si important ? Parce que les mobilités d’entreprise, souligne Eric Le Breton, sociologue (télécharger le pdf sur le même lien), sont intimement liées à ce qu’il appelle le péri-travail, c’est à dire les enjeux quotidiens d’organisation du temps.

Pourtant la mise en place de solutions nouvelles de déplacements – tout autant que les services de la vie quotidienne – stagnent. Le covoiturage ne représente que 9% des actions menées, les démarches auprès des gestionnaires de transports collectifs, 5%, le « ramassage » d’entreprise seulement 2%…

Au final, le retentissement de cette mobilité d’entreprise mal gérée est global. Il entraîne une stagnation, voire une baisse des déplacements. Sandrine Wenglenski le rappelait déjà dans Villes & Transport (26/12) : « le nombre moyen de déplacement effectués quotidiennement (…) qui est généralement stable (4 par jour ouvré et par personne active en moyenne) est désormais à la baisse à Paris ». Non pas qu’une baisse des déplacements soit condamnable, en revanche cette immobilité forcée dénote une absence de réflexions et donc de solutions.

Où faudra-t-il placer l’effort pour endiguer un tel phénomène ? Là encore la réponse est globale. Elle réside dans les solutions intelligentes de déplacements (le covoiturage, l’autopartage, les vélo libre service ou les embryons de transport à la demande intégrés aux PDE) et dans l’émergence d’une nouvelle économie de services de la vie quotidienne. Les entreprises ont clairement une responsabilité dans la mise en place de ces nouvelles solutions. N’oublions pas que la majeure partie du temps de vie éveillé des salariés à temps plein est directement ou indirectement dédiée à l’entreprise.

janvier 9, 2008. Chronos, Cinétique, Mobilité, Productivité, Quotidien, Rythmes urbains. Laisser un commentaire.

Des flux… aux chronotopes

Comment analyser les flux dans une grille espace-temps ? Comment reconstituer des parcours collectifs et individuels ? Comment les représenter ?

Ces questions surgissent forcément d’une mobilité qui s’éparpille progressivement dans l’espace et le temps. La notion de « chronotope » a été interprétée par les Italiens dans les années 90 pour restituer ce carottage de l’espace-temps. Cela restait un concept (voir Vers une “place de marché” des déplacements). Désormais, il existe des moyens pour aller plus loin. A l’occasion de la Notte Bianca (Nuit Blanche) à Rome, le MIT avait lancé l’expérimentation Real Time Rome. Sur un écran géant et en temps réel, les déplacements des personnes et des bus en circulation étaient cartographiés en flux. L’émission des signaux de mobiles a permis de dessiner ces mouvements. Ce type d’opération se déploie maintenant à des échelles plus réduites – en s’appuyant encore sur le suivi à la trace des téléphones mobiles – et trouve de nouveaux champs d’application. Il en est ainsi du service PathIntelligence dont Techcrunch détaille le fonctionnement. Le principe est le même : les signaux des mobiles sont interprétés et traduits, mais cette fois sur un espace clos (le centre commercial). L’objectif est de traduire les déplacements des clients et de mesurer la fréquentation des enseignes qui auront capté leur attention. Cette capacité à traduire des mobilités individuelles ou collectives, urbaines ou hyperlocales ouvre des perspectives multiples, notamment dans les prédictions et les régulations de flux.

décembre 19, 2007. cartographie, Chronos, Flux, indicateurs, Quotidien, Rythmes urbains. 1 commentaire.

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