Les formats publics de communication

Au 4e Mobile Monday, consacré à l’innovation dans la ville, la ville était un laboratoire pour le concours Jeunes Talents Innovation de SFR pour des projets citoyens à Nantes, Bordeaux, et Toulouse. L’innovation est : communautaire avec le « city-guide 2.0 » Qype.fr où les bons plans sont tenus par les usagers de la ville : imaginaire avec Futurs en Seine, une série d’événements des futurs possibles de la ville ; et communicante avec le projet BlueRennes.

Cette dernière initiative, à peine lancée, regorge de promesses… et de limites. Sept panneaux d’affichage ont été équipés de bornes Bluetooth et installés dans l’agglomération rennaise. Ces panneaux diffusent des flux RSS (vocalisés pour certains) et délivrent du contenu gratuit et non commercial : agendas culturels et municipaux, info-trafic, podcasts de Radio France Bleu et l’actualité du Stade Rennais. Donc un dispositif expérimental Bluetooth fonctionnel, informatif et géocontextuel. Les chiffres parlent : 100 journées de fonctionnement et 1000 connexions proposées chaque jour à des mobiles ayant le Bluetooth activé. En regard, un taux d’acceptation de contenu (la borne envoie un message invitant à recevoir le contenu) autour de 3%. Un résultat à prendre avec des pincettes : l’installation BlueRennes profite de la curiosité des usagers mais paye leur manque d’habitude à manier ces outils.

Le taux est certes faibles, mais ses variations livre quelques enseignements. La borne du CRIJ, destinée aux jeunes affiche un médiocre 1% (située en centre-ville), tandis qu’il frôle 5% dans le hall de l’aéroport rennais où la borne délivre l’agenda culturel de l’agglomération. Ce décalage a trois explications : la pertinence de l’information dans son contexte, l’absence de prolongement serviciel (achat de billet, inscription à des activités, etc…) et l’inadéquation supposée entre borne et mobilité (les bornes fonctionnent mieux dans les lieux d’attentes).

Une contradiction avec l’objectif affirmé de l’opération BlueRennes de proposer « un service public de communication nomade dans l’espace urbain ». Est-il possible de faire coïncider mobilité et information ? Est-ce la vocation des bornes ? (Thema Chronos : La borne ou l’extension des hubs et des réseaux) La question reste ouverte quand le Bluetooth connait un fort engouement comme média de l’e-marketing public ou privé (Dans les filets de l’everyware). Comment concevoir des formats qui s’intègrent dans le nomadisme ? (Formats mobiles et Twitter en embuscade). La vocalisation des flux ne semble pas une réponse suffisante. L’innovation technologique ne crée pas le besoin. Précieuses informations au moment où l’informatique urbain devient ambiante.

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décembre 3, 2008. Étiquettes : , , . Chronos, Everyware, Média. Laisser un commentaire.

Médias du futur. Stop ! « L’avenir est largement imprévisible »

Comme toute science fiction, cette vidéo sur la révolution média reste… une fiction et le restera car l’avenir ne se prédit pas, surtout de façon aussi primaire.

En 2015, journaux papiers, radios, télévisions ont disparu, date à laquelle le copyright est déclaré illégal (!).Le concept d’information statique (journaux, livres, images, etc.) disparaît et est remplacé par des « flux de connaissance ». Devenu média, voire Prométhée (Diable, l’individu devient un Dieu !) l’individu aux identités multiples voit sa mémoire individuelle se commercialiser. Etc.

Dans ce scénario, le net s’inscrit dans une vision consolidante et englobante. Passons sur les cinq grands médias qui restent (ils sont tous américains sauf la BBC !) et qui deviennent des acteurs de la vie politique. Certes, « l’avenir est largement imprévisible » et « notre incorrigible manie d’innover est [aussi] imprévisible » (Georges Amar – Les principes de réalités face aux nouveaux modes de l’information), mais quitte à prévoir, il faut le faire avec méthode. Cette vidéo en manque singulièrement. Pourtant, elle a été déjà vue 400.000 fois et ça, c’est une nouvelle pratique média imprévisible hier et déjà bien là. ComScore aux USA recense pour le seul mois de décembre dix milliards de vidéo vues. Moralité : Il y a suffisamment à faire avec ce qui se passe devant nous sans spéculer à se faire peur pour demain.

février 25, 2008. 5e Ecran, Chronos, Média. Laisser un commentaire.

Perspectives Urbaines inédites

« Perspectives Urbaines inédites« . C’était l’étendard de cette riche manifestation Villes 2.0 qui a vu, à la Maison des Métallos, une succession d’interventions, de présentations, un film remarquable réalisé par Frank Beau, et des interpellations à suivre via la plume de Hubert Guillaud sur Internetactulive : Demandez l’programme

Le symbole Vélib, un transport public individuel dont la valeur se construit avec ses utilisateurs, Pour Isabelle Mari de JC Decaux et Bruno Marzloff de Chronos : La Ville 2.0 est-elle devenue un lieu d’épanouissement du web 2.0 ?

Cyril Condé, RATP : Tendances de la mobilité durable

• Daniel Kaplan de la Fing, Stéphane Distinguin, pdg de FaberNovel, La ville comme plateforme d’innovation ouverte est-elle – comme le pense Jacques-François Marchandise de la Fing – impossible mais incontournable ?

Comment la ville devenant chaque jour plus complexe peut-elle redevenir familière. Pour Thierry Marcou, directeur du programme Villes2.0, Nicolas Nova et Jean-Louis Fréchin, directeur de NoDesign.net, il y a là encore des tensions à comprendre, pour gérer intelligemment la diversité des signes qu’on voit dans la rue.

Le 5e écran est-il une question réthorique ou ouvre-t-il des perspectives ? Que ce qu’il y a derrière cette « éditorialisation » de la ville dont le CityWall est l’une des matérialisations les plus simplistes ? De nouvelles infrastructures, de nouveaux médiateurs, de nouvelles urbanités émergent, rappelle Bruno Marzloff. De nouveaux projets en sont issus que proposaient Alcatel Lucent (Olivier Martinot) et Egis (Bernard Matyjasik), filiale de la Caisse des dépôts et Consignation.

Georges Amar : Les principes de réalités face aux nouveaux modes de l’information. Le métro est une « puissance d’échange en puissance », selon la formule iconoclaste de Georges Amar de la RATP. Mais quelles applications l’utilisent ? Cette puissance d’échange n’aura de la valeur que si elle est utilisée par des services qui pourront se plugger sur elle. Cela signifie que le métro doit être de plus en plus pluggable ! Ce n’est pas la RATP qui va inventer tous les services d’échanges ou les gérer (même si elle en fera peut-être quelques-uns), mais à d’autres. L’invitation est à une « place de marché » d’un type nouveau est lancée ! Chiche !

• En conclusion, une intervention tonique de Armand Hatchuel : La ville 2.0 c’est qui ? Paris ? Bangalore ?

février 22, 2008. 5e Ecran, Audiences, Chronos, Durable, Ecoresponsabilité, Empowerment, Flux, Hubs, Média, Mobilité, Navigation, Nomade, Quotidien, Suite servicielle, Tag, Temps, Trouvabilité, Villes 2.0. Laisser un commentaire.

Forum Chronos – 14 février 08 – Procope (Compte rendu)

Intervenants : Bruno Marzloff (Chronos), Albert Asseraf (JCDecaux, DG développement et marketing), Jean-Pierre Texier (RATP, Innovation), Céline Pasquier (KR Média, Etudes).

Bruno Marzloff (Chronos)

La communication mobile réécrit brutalement les règles des médias. Les arbitrages au quotidien se font en temps réel, en lieu réel. Le mobile apporte ses dimensions singulières : global, personnel, immédiat, pervasif… et témoigne du basculement de l’audience dans le mouvement.
Dans le nouveau jeu d’acteurs, Google comme Nokia prennent leur place, les opérateurs télécoms cherchent la leur, des entrants – opérateurs de transport, de transit, de lieux de vie… – s’imposent en communication d’extérieur, tandis qu’annonceurs et médias traditionnels sont perplexes. A cette complexité s’en ajoute une autre : les médias d’hier doivent à l’instar de JCDecaux, changer de pied pour poursuivre leur métier d’hier. Last but not least, les acteurs plus plus importants, ce sont les audiences elles-mêmes. Des audiences actives autant parce que leurs exigences se transforment que parce qu’elles entendent s’exprimer et être… entendues.
Dans ce cocktail de communication d’extérieur où informations, échanges, données contextuelles, publicités etc. se brassent, cherchent leur place respectives et leur modèle économique, une façon de répondre aux questions est de s’interroger sur les analogies dans la ville des usages issus du web 2.0.

Céline Pasquier (KR Média)

L’émergence de médias mobiles, capables de suivre l’individu dans ses cheminements quotidiens constitue un nouveau paradigme. D’où – à l’image de JCDecaux – l’installation de médias fixes en des lieux et des territoires de mobilités. Les comportements diffèrent face à ce phénomène d’information pervasive. Ainsi, la publicité sur mobile connaît une meilleure acceptation aux Etats-Unis qu’au Japon, entre autres parce que les Japonais ne souhaitent aucune intrusion sur un mobile qui concentre un part essentielle de leurs activités. L’étude ethno-marketing menée par KR Média sur un panel d’actifs de 25 à 55 ans a permis de mesurer en France cette pervasivité de l’information sous plusieurs angles : la simultanéité des médias, la pratique de leur consommation (individuelle et collective) et l’interpénétration des vies professionnelles et privées. Quelques conclusions :
– Les individus optimisent leur consommation média en consommation simultanée (plusieurs médias à la fois) mais aussi en continuité à l’image des espaces de transport où les médias accessibles depuis le quai sont dans le prolongement de ceux consommés à domicile.
– Le « séparé-ensemble » : au sein d’un même lieu (type rame de métro), les activités individuelles restent différentes. L’intercommunication des individus existe, mais chacun bénéficie de son moyen propre pour ce faire. En mobilité, le média a une fonction d’individualisation, de recréation d’une bulle personnelle.
– L’interconnexion des univers privés et professionnels témoigne de l’usage pervasif des médias : consulter ses e-mails personnels au travail trouve une contrepartie dans la capacité à être joint pour raisons professionnelles à son domicile.
– L’attention est plus forte en situation de mobilité. Dans ce cas, le média devient un élément « concentrateur ». La presse reste d’ailleurs le premier média en mobilité. Le besoin de « connectivité » des plus jeunes n’est pas le seul signe de cette augmentation de la consommation média.

Jean-Pierre Texier (RATP)

Issue des 7 nains de Blanche Neige, la figure de Simplet a de l’avenir. Un regard étonné sur un monde qui s’enrichit et se complexifie : l’enjeu est de réussir à installer une simplicité d’usage. Les situations de déficience cognitive augmentent. Elles témoignent de notre connaissance de moins en moins approfondie de lieux (notre présence y est de plus en plus éphémère). Ces situations appellent à repenser les offres.
Le transport est face à un défi. Parce que nous n’avons plus vraiment le temps de lire, parce que nous ne lisons pas tous la même chose, parce que les situations de mobilité sont diverses, il faut trouver les moyens adéquats de traduire rapidement de l’information. il y a un nouveau langage à inventer (les pictogrammes dynamique, voir l’entretien Chronos).
Une des réponses possible prend la forme d’avatars, des compagnons personnels et numériques qui installent un dialogue informatif avec l’individu. Ainsi, la société Ikéa a crée le sien : 2 millions de dialogues ont été initiés en 2007 qui équivallent à une économie de 3 millions d’appels vers son call-center. Ces avatars devraient faire partie demain d’un « espace public technologique ».
Le contenu généré par les individus est une manière de dépasser la notion de self-service. Elle amène au concept de « user to user ». L’appétence pour le partage d’information entre usager existe, elle permettra en se massifiant de mesurer le niveau de prise de parole des individus, et peut-être d’anticiper une certaine forme « d’individualisation » des audiences ?

Michel Mercadier (SNCF Transilien) signale l’existence de ce type d’avatar pour les PMR. Thierry Bardy (Orange Labs) considère la visiophonie comme l’expression possible d’un avatar. Dominique Lahousse rappelle que le « compagnon » de Microsoft Office est un avatar sous un principe d’accompagnement imaginé par Apple dès 1982 avec son « Navigator ».

Albert Asseraf (JCDecaux)

« Notre logique est de proposer des services urbains en échange du marché d’affichage publicitaire, peut-être irons-nous un jour pour cela jusqu’à construire des piscines ! Allez savoir… » L’affichage publicitaire autant que les services sont à destination de la ville et des citoyens et posent directement la question du contenu et cette question couvre des enjeux majeurs aujourd’hui. Depuis 10 ans, la planète média se bouleverse à un rythme accéléré. Le mobile, l’écran des écrans, devient capable de réunir tous les médias – TV, Radio, Web, presse… – en un seul. En matière de communication extérieure, mobile et affichage (numérique ou physique) sont les deux médias de références. Mais la définition des contenus et de leur adressage doit précéder le déploiement massif de technologies. A Toulouse (Vélotoulouse), HSBC (disposé sur le carénage des vélos) est devenu la marque la plus visible dans la ville, signe d’une évolution qu’il reste à prolonger. Mobilier communicant et mobile permettront de proposer de l’information massivement mais toujours en situation de proximité avec un message individuel adapté au temps et au lieu. C’est la qualité et la pertinence du contenu de ce message qui en définira le niveau d’acceptation.

février 19, 2008. Adressage, Audiences, Chronos, Média, Nomade. Laisser un commentaire.

Les fenêtres des métros en écrans

A New York ou à Pékin, les mobilités quotidiennes mettent les médias et les pubs en mouvement :

février 11, 2008. 5e Ecran, Audiences, Chronos, Communication extérieure, Média. Laisser un commentaire.

Les audiences mobiles, une question de sociabilité ?

Comment les annonceurs peuvent-ils investir les espaces de transport durant les déplacements ?
A Londres, l’agence Taxi Promotions UK tient un véritable défi : 375 cabs circulent avec un habillage publicitaire pour une société de jeux en lignes (888.com). Mais parmi ceux-là, 10 conducteurs ont pour mission d’engager une discussion sur le poker avec leur client ! Si celui-ci mort à l’hameçon et alimente la conversation, le conducteur oriente la discussion vers le site 888.com et peut aller jusqu’à lui offrir une période d’essai gratuite pour jouer en ligne…
L’agence juge ce procédé potentiellement efficace, puisqu’un dialogue d’homme à homme ne se « zappe » pas aussi aisément qu’une publicité diffusée sur un écran ou sur onde radio, elle pense même porter le nombre de taxis participants à ce type de publicité à 300 en 1 an ! La durée moyenne d’un trajet en taxi à Londres est de 16 minutes, sachant que chacun des 10 taxis prend en moyenne 40 à 60 courses par jour… Taxi Promotions UK compte sur un large panel d’individus et un temps d’attention déjà certain, mais « à la tête du client » !

A l’inverse, la SNCF s’emploie à recréer les sociabilités durant les temps de trajets. C’est l’idée qui ressort de l’initiative iDNiGHT d’iDTGV : des rames sont spécialement aménagés pour ceux qui veulent retrouver le monde de la nuit durant leur voyages. Ils bénéficient de services spécifiques et d’un boitier interactif (iDbox) qui leur permet de télécharger du contenu mais également d’en créer ! Le TGV devient un lieu d’expression des voyageurs, maîtres de leur temps de trajet. Pour cette audience mobile et active, des présentations de produits sont prévus au sein de ce « TGV de nuit ». Ils bénéficieront en tout cas d’un contexte favorable et d’une audience qui a déjà signifié ses centres d’intérêt !

janvier 30, 2008. Audiences, Chronos, Média, Temps, transit, Urbanité. Laisser un commentaire.

Le petit écran est-il libre d’accès ?

Pour légitimer son modèle publicitaire en devenir sur le mobile, Eric Schmitt, patron de Google avait lancé un pavé dans la mare des opérateurs en déclarant à Reuters il y a quelques mois : « your cell phone should be free » . Le mobile concentrera progressivement l’avenir du web et de ses modèles économiques. Cela a déjà commencé. Une récente étude de Jupiter Research détaille ces tendances : 40% des sites Web ont une version mobile, 22% en prévoient une pour l’année prochaine, 29% des sites mobiles disposent d’informations sur les profils des utilisateurs… Cependant, les annonceurs sont seulement 3% à faire de la publicité sur ces mêmes sites mobiles. Les acteurs du marché ne s’interrogent pas tous de la même façon.

Les opérateurs télécoms feraient-ils écran aux annonceurs désireux d’engager des campagnes de publicité mobile ? La société Celltick propose de contourner l’obstacle. Elle annonce (IHT, « Advertisers’ direct cellphone connection« ) le développement d’un logiciel permettant aux annonceurs et médias d’envoyer directement leurs contenus publicitaires sur les mobiles, leur reprochant au passage la lenteur de leur stratégie marketing. InternetActu s’interroge (« La publicité sur mobile : pas trop vite ! » ) et fait état d’incertitudes, notamment sur la valeur du marché du marketing mobile qui oscille du simple au double (11 milliards de $ en 2011 pour l’un, 24 en 2013 pour l’autre). On sait aussi les objections évidentes à l’intrusion publicitaire sur l’écran du mobile. Il en résulte pour le moment des opérateurs frileux, peu enclins à ouvrir leurs réseaux. Face à ces questions, Celltick a donc choisi de tailler dans le vif.

Qu’en dira l’usager dont on sait part ailleurs qu’il n’active que très très modérément les pubs du web (« Qui clique sur la pub ? ») ? Hormis une stratégie d’opt-in par une publicité passive puis activée par l’usager, aucun service particulier n’a été mis au point par Celltick pour le séduire.

Toutefois, on voit mal aujourd’hui ce qui résistera à la pub sur le petit écran. Aucun autre écran n’y a jamais résisté, qu’il s’agisse du cinéma, de la télévision ou du PC via le web. Des régulations se mettront sans doute en place pour respecter des régles élémentaires. La publicité sur mobile redéfinira sans doute à terme le rôle des opérateurs télécom et celui des médias traditionnels pour qui il sera tout autant incontournable, mais bien malin sera celui qui saurait aujourd’hui en définir les contours.

janvier 21, 2008. Étiquettes : , , , . 5e Ecran, Chronos, Média, Mobile, Opt-in. Laisser un commentaire.

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