Le ZipCar capitalisme, « Yes we can! »

Le jour même de l’élection de Barack Obama, Robin Chase – à l’origine de ZipCar publie un long billet sur son blog titré Time for Cooperative Capitalism. Elle y célèbre les vertus des fondamentaux du Web 2.0 étendus au quotidien et singulièrement la dimension collaborative : les plate-formes partagées (eBay, Flickr, Facebook…), le partage de la culture (Wikipedia…), la finance collaborative (les prêts pair à pair ou le microcrédit), les infrastructures de services urbains (les réseaux Mesh), et les transports en partages (voitures en libre-service, covoiturage…). Son raisonnement procède classiquement d’une approche intelligente – donc partagée – des ressources au moment où tout dit que ces ressources sont infiniment limitées. Puis, elle fait la démonstration d’une utilisation intelligente des capacités urbaines inutilisées. Ainsi des 72 km de voies routières à Bogota délaissées le dimanche ! Basculer leur usage des voitures vers le public à pied, à vélo, en roller dans le programme Ciclovia (une explication, une vidéo )… ne coûte que les déplacements de barrières avant et après. Les bénéfices secondaires sont monstrueux en termes de santé, d’urbanité et de sociabilité. Ce n’est que pour mieux revenir à la démonstration des bénéfices d’une voiture partagée dont elle fut pionnière il y a neuf ans aux Etats-Unis avec ZipCar.
En fait, ce billet n’était que la réaction à un article posté dans les colonnes de Business Week, peu suspect de communisme !, la semaine dernière : ZipCar Capitalism: A New Economic Model? Bruce Nussbaum s’interroge sur l’éventualité et les bénéfices d’une économie du partage.
Dans le même temps (il suffit de sauter de liens en liens !), Tamara Giltsoff, une designer anglaise propose un néologisme, le « rentalism » (de rent, louer) pour célébrer la location comme mode de consommation prévalent sur la possession. Elle ajoute dans une autre billet, Share, Share, Share : « Le génie du partage n’est pas seulement dans l’économie et dans la réduction des pollutions, mais dans la transformation des comportements. Dans la voiture en libre-service, les gens conduisent moins, parce que cela a un coût et parce que les autres aussi utilisent cette voiture. » Un autre blog, Planetizen (Urban Policy and the Obama Presidency) s’interroge sur les intentions du nouveau président américain en matière de ressources énergétique, de ville et de transport. Et cela résonne d’une certaine manière avec ces propos collaboratifs et la fin du gâchis des ressources. En matière de transport, la nomination de son colistier Biden emporte une option très forte de la prochaine administration sur les transports publics (l’anecdote veut que l’homme se rende quotidiennement au Sénat en train). D’aillleurs la plupart des reférendum sur les transports publics qui se votaient en même temps que la présidence ont été avalisés, dont le fameux TGV californien (Big Day for Transportation Ballot Initiatives).
Sans basculer dans l’économie que défendent les champions du partage cités ci-dessus, on entend bien la volonté de ménager les ressources de Barack Obama, citation du futur président : « réduire la dépendance au pétrole, investir sur les énergies renouvelables, couper dans les usages excessifs et accroître la production domestique d’énergies propres. » Alors, le capitalisme collaboratif ? Cela sonne étrange, mais l’idée fait du chemin.

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novembre 5, 2008. Chronos.

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