Le paradoxe d’un Millésime exceptionnel…

On l’a échappé belle, heureusement avec le Mondial de l’automobile, la crise de l’auto n’est plus. Au milieu des turbulences qui agitent tous les secteurs sans exception, l’auto qu’on croyait plus atteinte que les autres relève la tête. L’industrie de l’automobile, ses observateurs avertis et Louis Schweitzer, le président du Mondial se réjouissent d’un cru exceptionnel : le Mondial de l’auto 2008 a fermé ses portes sur le record d’affluence de tous les temps ! (1,43 million de visiteurs). Malgré les crises, les Français « continuent de se passionner » pour les voitures. Preuves à l’appui – sans parler encore de commandes fermes -, les prises de contacts sont records. Les stars sont les véhicules propres, les petites voitures, sans oublier les belles de luxe et les sportives. Quant aux SUV (ex 4X4 qui n’en sont plus), le marché abonde… La satisfaction est générale. Dans ce bilan quantitatif, vite fait bien fait, la chasse aux sorcières peut commencer. Quelques-uns des leaders d’opinion en profitent pour livrer en pâture des boucs émissaires tout aussi vite trouvés. Le  « lobby anti-automobile » – genre bobos parisiens qui enfourchent leur Velib’ – serait derrière une diabolisation ambiante menaçant de façon irresponsable tout un pan économique d’un pays et ses emplois.

Bref voilà ce que serait l’expression de la majorité silencieuse : la voiture fait toujours rêver. N’en déplaise à Greenpeace !

A moins que … – et cela ne serait pas le premier paradoxe populaire – , cet engouement collectif porte en germe une autre signification. Un phénomène logique de transfert d’angoisse, lié à la crise justement, à l’insécurité de l’avenir, à la perte du tangible, etc. La SNCF l’avait bien compris avec sa campagne Transilien. Finalement, c’est la voiture qui est attachée à nous et non l’inverse et c’est bien pour cela que l’on n’arrive pas à s’en détacher.

Le besoin du symbolique – la liberté, la promotion sociale,…- contenu dans la voiture n’est pas en voie de disparition. Mais d’autres « véhicules » s’apprêtent à le porter. La voiture sera là de toute façon demain et massivement, et gageons que le prochain Mondial de l’Automobile sera aussi celui des solutions servicielles pour les automobilistes.

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octobre 21, 2008. Étiquettes : . Chronos.

2 commentaires

  1. thierry replied:

    Avec quelle source d’énergie primaire roulerons ces quantités « massives » de voitures qu’on aura demain ?
    Tous les véhicules fonctionnent à partir d’une source non renouvelable. (Rappelons que l’électricité ou l’hydrogène sont produit presque exclusivement à partir de charbon, de gaz ou d’uranium).
    Cette source ne peut que décroître. Le nombre de véhicules qui en dépendent aussi.
    Ce n’est pas ‘diaboliser’ qui que se soit de rappeler cette évidence.

  2. Laurence Sellincourt replied:

    C’est pourquoi nous pensons, ici, la voiture non plus comme un objet approprié mais comme un service. La voiture « servicielle » qui se partage, qui est en libre-service et s’articule à l’ensemble de l’offre de transport (qui elle aussi fonctionne avec ces énergies non renouvelables d’ailleurs). Un nouveau modèle d’auto-mobilité…

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