Le covoiturage en quête de sa place de marché

Wasserbourg, petit village alsacien. 500 habitants. Pas de transport collectif. 6 km à parcourir pour se rendre à la gare du village à côté. Un village cul-de-sac. Dans « le trou paumé » à 7 heures, de 3 à 10 jeunes squattent le bord de la route et tendent le pouce. Sans hésitation, les habitants motorisés les déposent à la gare. Même schéma en sens inverse tous les soirs de 16h à 20h. En quelque sorte, un ramassage scolaire improvisé, fluide et sans contrainte, sous forme de covoiturages. Ce système existe par une offre et une demande fortes pour des trajectoires identiques et des horaires communs et par la confiance issue des relations de proximité.

Cette densité de l’offre et de la demande, c’est toute la difficulté à laquelle se trouve aujourd’hui confronté le covoiturage en général, et Goloco en particulier (Goloco, la voiture 2.0. C’est fou !). Malgré les 10.000 personnes inscrites sur le territoire des Etats-Unis, le service (il fête son premier anniversaire) n’atteint pas encore la taille critique d’une place de marché fluide. Pourtant, un peu partout dans le monde, les pratiques de covoiturage croissent. Ainsi, 44% des Canadiens ont récemment changé leurs façons de se déplacer vers le bureau, ou comptent bientôt le faire. Parmi eux, 46% ont fait le choix du covoiturage (Cyberpresse – Les canadiens modifient leurs habitudes de déplacement). 10.000 personnes sur l’ensemble des Etats-Unis, c’est bien, sur un seul état ce serait mieux, sur une seule ville ce serait le rêve. La concentration de l’offre et de la demande est la clé.

Partout, différents leviers se mettent en place pour pallier ces freins :
Les PDE (Plan Déplacement Entreprise) qui se développent. Ainsi, l’entreprise Salmson a offert un vélo à 50 volontaires (sur les 700 salariés) et propose du covoiturage pour les autres (Radio Europe1 – Un employeur propose de pédaler pour aller au travail).
Les commerçants qui proposent le covoiturage et encouragent leurs clients à l’utiliser (voir Ville & Transports du 16 juillet 2008 – Leclerc : du covoiturage dans le caddie). Ikea qui propose du covoiturage à ses employés pourrait bien s’y mettre lui aussi ! (Ikea France Roissy).
Les aides directes aux salariés proposées par François Fillon qui pourraient eux aussi proposer un financement des coûts de déplacement lors de l’usage du covoiturage (Fillon annonce une aide directe au transport des salariés).
Le « colis-voiturage » qui voit le jour. Basé sur Le principe du covoiturage, il est disponible pour quiconque veut envoyer un objet par le biais de « messagers » qui sont en fait des automobilistes effectuant régulièrement ou ponctuellement un trajet (L’expansion.com – Le « colis-voiturage » démarre en trombe).

Nous n’en sommes qu’aux prémices de la créativité dans ce domaine. Il faut s’attendre à de l’innovation remontante. A suivre…

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août 5, 2008. Chronos.

One Comment

  1. Sébastien Petit replied:

    Je vous invite à venir faire un tour sur http://www.piggyback.fr pour découvrir notre projet de co-voiturage dynamique par téléphone (lauréats du concours Google Android Challenge)

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