Partez en vacances… chez vous !

Vous tremblez pour la planète ? Vous n’avez pas les moyens de lointaines vacances ? Vous n’avez pas envie de vous casser la tête à planifier vos voyages ? Vous craignez les heures en voiture avec vos enfants ? Vous êtes d’avance épuisé des attentes à l’aéroport, des retards d’avion, des surcharges de bagages et autres renouvellements de passeport et visa ? Alors, partez en « staycations » (vacation/staycation vacances à domicile). Le préfixe change, la vacance reste !

Si vous trouvez que cette phrase résonne de manière antinomique et paradoxale, c’est normal. Dans « partir en vacances », on entend bien « partir dans un lieu éloigné de son domicile ». Mais, sachez que 45% des Français passent leurs vacances… chez eux (Voir Libération – « Un modèle qui se désagrège » ou INSEE – Vacances : les générations se suivent et se ressemblent de plus en plus !) ! Et c’est de plus en plus le cas des Américains, face à la hausse du prix du pétrole et au contexte économique. Selon Access America’s National Survey, 41% des Américains qui ont voyagé l’été dernier partent en staycations cette année (Les staycations ou les vacances à la maison…). De toute façon, ils sont si peu gâtés en la matière qu’ils supportent massivement (à 69%) une loi pour garantir aux salariés trois semaines de vacances ou plus.

Mais que fait-on en vacances chez soi ou dans sa ville ? Jean-Didier Urbain, ethnologue spécialiste des vacances, évoquait la question en s’intéressant à la notion de CityBreak ((Jean-Didier Urbain, entretien Chronos, 16 juin 2006). Un CityBreak, dit-il, ce n’est pas forcément s’éloigner de sa ville, mais c’est la regarder autrement, c’est la parcourir en se glissant dans différentes temporalités, c’est sortir de la routine habituelle, c’est faire ce que Jean-Didier Urbain appelle du « tourisme endogène » (devenir touriste dans la ville dans laquelle on vit). C’est aussi rechercher l’anonymat,  l’instantané, le furtif, c’est émietter la ville et la manière dont on vit ses temporalités. Bref ! Faire un CityBreak, c’est se replonger dans la peau de la classe populaire du début du 20e siècle, ces populations qui ne pouvaient pas partir pour des raisons économiques et qui s’attachaient à se donner une impression de déplacement à domicile en changeant les temporalités, les heures de repas, de sommeil, leurs pratiques vestimentaires….

Les habitants des villes deviennent des touristes dans leur propre ville. Il y a une réintroduction dans la ville de pratiques et d’usages en rupture avec les temporalités urbaines dominantes. On l’observe par exemple dans la réintroduction du pique-nique. […] On s’impulse dans une autre ville pour la plupart du temps inaccessible ou invisible parce que justement elle entraîne dans d’autres temporalités, d’autres fonctionnalités. Cela devient un exotisme du furtif, un acte d’émancipation du quotidien-quotidien.

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juillet 23, 2008. Chronos.

One Comment

  1. Veille d’été (1) « replied:

    […] en vacances… chez eux” (Trajectoires Fluides – Partez en vacances… près de chez vous !). “Discover cities by foot and by bike” (Metro – Design vacation in Berlin). […]

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