La crise des mobilités urbaines. D’une congestion, l’autre !

Le Monde ce jour titre Le casse tête des trajets quotidiens, tandis que Libération plus direct affiche A 30 km, c’est déjà trop loin. Les écartèlements domicile-travail (“Du transports aux mobilités, une révolution des esprits”, Gilles Savary) conjugués à la hausse brutale du pétrole plonge les salariés éloignés de leur travail dans la détresse (Nomades et oasis). Les limites du mouvement centrifuge de l’étalement urbain sont maintenant visibles. Ce sont les individus et le marché qui réagissent aujourd’hui, face à l’imprévoyance des autorités.
Dans une étude qui vient de paraître aux USA sur la crise du subprime (Where Home Prices Are Holding Up), on observe que la chute de l’immobilier est proportionnelle à la distance qui sépare les immeubles des centres. La variation des baisses est énorme selon qu’on est au centre (stable) ou dans les très grande périphérie (très forte baisse), reflétant les enjeux des accessibilités et de leur coût en essence et en temps. En d’autres termes, plus on s’éloigne des centralités, plus la baisse des prix se fait dramatique. C’est évidemment la conséquence de la brutalité des hausses du prix du baril. Quand il passe en neuf mois de 1,5$ le gallon à 4$ le gallon, l’addition est lourde pour les automobilistes. Les articles des quotidiens français font le même constat : nous n’avons plus les moyens des rêves de maisons avec jardin à une heure de voiture du travail. La liberté qu’on croyait y voir s’y mue en enfermement.

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juin 4, 2008. Chronos.

3 commentaires

  1. Hubert Guillaud replied:

    Enfermement, s’il ne redessine pas rapidement, les échecs de 30 ans d’urbanisme et de non aménagement du territoire. Il serait faux de croire que la question de l’augmentation du prix du pétrole ne touche que les ménages. Les entreprises également vont devoir se poser rapidement la question de leur développement, de repenser leur emplacement, les relations avec leurs personnels.

  2. Sabri replied:

    D’accord avec Hubert, on observe ces temps ci beaucoup d’annonces de revirement vers des flottes de véhicules électriques, chez des entreprises que la mobilité urbaine et quotidienne concerne en premier lieu : UPS, Fedex, La Poste japonaise s’équipent en ce moment même en véhicules hybrides et/ou électriques. La Poste se lance quant à elle dans la prise en charge des abonnements aux TC pour son personnel hors IDF, tout en apprenant à ses facteurs à adopter un comportement éco-responsable lors de leurs tournées, 60 000 postiers seront formés à une conduite fluide et à vitesse constante d’ici 2009, pour des bénéfices autant écologiques qu’économiques… l’effet bénéfique sur la congestion urbaine pourrait-il se réaliser inconsciemment à travers ces politiques internes de mobilité ?

  3. PAX replied:

    Lester Brown, ancien président du Worldwatch Institute et fondateur du Earth policy institute, donnait comme indice de qualité de vie urbaine le rapport en surface entre les espaces verts et les espaces de stationnement. Par espaces verts, il ne se limitait pas à la seule définition admise par la plupart des collectivités où l’espace vert est réduit au square et à l’aire de jeu enclavées au milieu du béton.
    A la lumière de cette réflexion, et considérant que la concentration urbaine constitue un progrès, il est peut-être temps de repenser l’étalement urbain dans sa composition horizontale et non dans sa dimension verticale. Une autre piste est posée depuis plusieurs années par des urbanistes comme Andy Kurz (http://www.newurbanism.org) qui substitue le TOD (Transit Oriented Development) à l’actuel COD (Car Oriented Development) qui a atomisé l’étalement urbain américain et menace le développement urbain européen.
    Les seules « autorités » ne peuvent pas servir de bouc émissaire dans le développement rapide voulu directement par les entreprises et accepté indirectement mais massivement par la population. Ce sont les acteurs de la ville : l’entrepreneur et le citadin, qui décideront de la politique à conduire en matière d’aménagement de l’espace urbain existant. Il n’est plus nécessaire de se trouver dans « le quartier d’affaires » (notion archaïque dans un monde aplati par les technologies de l’information) pour participer à l’activité économique, d’autant que si elle continue d’être localisée, son champs d’action se situe à l’échelle de la planète.
    De cette manière, l’enfermement apparaît comme une vue de l’esprit qui change radicalement dès lors que l’on repense le rapport que chacun de nous souhaite entretenir avec les différentes couches du monde dans lequel nous habitons.

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