Voyager léger vs. Cauchemar des bagages

Nous en sommes au troisième jour de chaos au terminal 5 à l’Aéroport d’Heathrow : vols annulés en série, pagaille des annonces, pagailles des bagages. Des milliers de voyages se sont transformés en calvaire. Depuis jeudi, 245 vols ont été annulés au total. Les problèmes sont dûs à « une combinaison de facteurs », notamment des erreurs informatiques qui ont paralysé le système de tri des bagages. Comme la conception a demandé 15 ans et la construction a nécessité 5,6 milliards d’euros, on doit se poser des questions ! Pour cet aéroport comme pour les autres (Congestion and Other Terminal Illnesses, New York Times).
Quand, dans le même temps, on apprend qu’entre 2002 et 2006, la proportion de bagages égarés sur les seuls Etats Unis a augmenté de 75% pour atteindre 7 pour mille, que le nombre de bagages livrés en retard a été multiplié par plus de 2 quand le nombre de voyages n’a augmenté que de 29% (US Department of Transportation), on se dit que le bagage est un des talons d’Achille du voyage (voir aussi les rapports américains), on se dit aussi que le gigantisme des aéroports ne fait qu’accentuer les risques.
Quand on sait que le bagage est aussi le cauchemar du voyageur qui ne sait comment franchir les portillons des transports collectifs, qu’il l’oblige à prendre un taxi ruineux, qu’il doit se soumettre à des investigations des douanes, qu’il est perdu dans les correspondances, que le bagage est la première source de retard des avions (Waging the Battle of the Overhead Bin, New York Times), etc., on se demande pourquoi personne ne se penche sur cette patate chaude.
Quand on sait encore que la facturation des bagages devient une des sources de revenu des compagnies low cost et que les compagnies classiques (Wall Street Journal, Roomier JetBlue Seats Put Bloom on Rows et Baggage Becomes A Big-Ticket Item) s’engouffrent dans cette veine de profits au point que dans certains cas, le voyage du bagage revient plus cher que le voyage du passager (Le Figaro. Quand les compagnies tirent profit des bagages), l’interrogation change de sens : faut-il encore voyager avec des bagages ? Donc suit une autre question évidente : mais comment ?
Enfin dernier constat et non le moindre. Non content de susciter les affres des voyageurs et des compagnies aériennes, le bagage est à de multiples raisons, une des sources des déperditions d’énergie de l’aérien désormais sur la selette. Alors on rêve d’un d’un MacbookAir baggage (Trajectoires Fluides, Les bagages, cet impedimenta). Il est temps que l’interprofession se penche sur le voyage du bagage et que le voyageur réfléchisse à voyager léger. Et si le néonomadisme, c’était de voyager sans bagage. A l’heure du virtuel, les pistes ne manque surement pas.

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mars 30, 2008. Chronos, City Break, Hubs, transit.

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