Quand la distribution s’intéresse à la mobilité durable

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photo Les Echos

Quand dans les années 90, nous avions interrogé le directeur marketing d’Ikea, devenu entre temps son PDG, sur les accès en transports collectifs des magasins d’Ikéa, il nous avait ri au nez. La sensibilité de l’époque n’avait pas encore mis le doigt sur les errements de l’étalement urbain, de la persistance de l’auto qu’il imposait et des séquelles environnementales qu’il suscitait.
Le principe de réalité a imposé entre temps ses exigences et l’enseigne active depuis deux ans, un bus gratuit en navette entre le terminus du tramway et le magasin de Strasbourg. « Au niveau mondial, dit l’article des Echos, Ikea a calculé que 8,5% des personnes prennent le bus ou le vélo (sic!) pour faire leurs achats dans ses magasins. Il veut passer à 15% d’ici 2012. Le nombre d’utilisateurs a doublé en douze mois, passant de 40.000 à 78.000. Le tout pour un coût annuel de 100.000 euros. Même chose à Milan où le bus Ikea va directement au centre-ville. Américains et Canadiens s’y mettent aussi. ». En l’occurrence, c’est moins la démarche citoyenne qui prévaut – encore qu’elle parle sans doute de plus en plus aux clients – qu’un calcul économique sur le coût des places de parking.
Reste le problème de la livraison. L’article évoque aussi une tentative de la ville de Manchester qui avait mis en place l’an dernier un système de livraison gratuite pour les familles présentant un ticket de transport en commun au paiement. L’opération a été arrêtée au bout de quelques mois devant l’afflux de demandes qui ne pouvaient être satisfaite par les services de livraison. L’article mentionne la réponse du covoiturage développée au Danemark. Elle n’est pas mature en France.
Plus réaliste serait des voitures en location très courte durée, mais cela supposerait de reposer la voiture ailleurs ; ce qui renvoie à des réseaux qu’il reste à construire. Peut-être faudrait-il introduire ce genre de contraintes dans les appels d’offre à venir sur les voitures en partage du type Autolib.
Autre piste et non la moindre, la localisation des magasins. Quand on sait que 10% des visiteurs du magasin Ikéa de Plaisir viennent… de Rouen, on se dit qu’il y a du travail à faire. C’est aussi cette politique de localisation qui anime Monoprix. L’enseigne est très engagée depuis 15 ans dans une politique « durable » qui impacte non seulement les choix de localisation qui privilégient les espaces de centre-ville et de transit (gare et station de métro), mais aussi la gestion des acheminements de marchandises sur site.

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mars 30, 2008. Chronos, Durable, Ecoresponsabilité, Mobilité durable.

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