« Que sont les globe-trotteurs devenus ? »

C’est ainsi que Bertrand Le Gendre stigmatise l’évolution des pratiques françaises du voyage dans Le Monde (19/01). L’étranger et les destinations lointaines ne feraient plus rêver ? Selon la Direction du Tourisme, « 11,979 millions de Français sont partis à l’étranger en 2004 (…) En 2006 – derniers chiffres connus -, ils n’étaient plus que 11,385 millions. Près de 600 000 Français ont ainsi renoncé à visiter un pays tiers en trois ans. En plus, ceux qui franchissent les frontières s’aventurent rarement très loin. Deux tiers de ces voyages (66 %) ont pour destination un pays européen. »

En 40 ans (de 1964 à 2004), la durée moyenne des séjours a diminué de 8 jours (de 19,6 jours à 11,8 jours). Moins de temps pour chaque voyage signifierait un périmètre de destinations rétréci ? C’est sans compter sur deux mouvements antagonistes. D’un côté, une offre de vitesse qui réduit les distances et qui encourage aux city-breaks à la volée (voir le succès des Eurostar et autres Thalys) et de l’autre une quête d’imaginaire qui s’affranchit des distances et n’hésite pas à se ressourcer dans sa propre ville vu sous un autre angle. Ainsi, le New York Times raconte le shopping comme destination.

L’auteur de l’article s’offre un « One-Day Trip » dans un Mall (centre commercial) de la banlieue de New-York ! La rupture avec le quotidien et l’imaginaire seraient au rendez-vous !
« I brought to this adventure the same level of excitement I would have brought to a jaunt to Mystic Seaport. Perhaps even more ». Malls are no longer just retail complexes. They’re destinations » (J’ai eu pour cette aventure un degré d’excitation presque plus important que pour une escapade à Mystic Seaport. Les Malls ne sont plus simplement des complexes de distribution. Ce sont des destinations).

Jean-Didier Urbain le confirme dans un entretien à Chronos :

« Là on rompt avec la ville, mais par l’intérieur de la ville, par implosion. On ne s’expulse pas de la ville, on s’impulse dans une autre ville pour la plupart du temps inaccessible ou invisible parce que justement elle entraîne dans d’autres temporalités, d’autres fonctionnalités ».

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janvier 29, 2008. Chronos, City Break, Imaginaire, Tourisme.

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