Où sont donc les « intelligences » ?

L’Atelier (Spécial CES : les voitures américaines de plus en plus vertes) souligne que c’est la première fois, en 41 ans de salon, qu’un patron de l’industrie automobile est invité à faire une « keynotes » au fameux CES, rendez-vous de la fleur des technologies de communication du monde entier. Il s’agissait de Rick Wagoner, le patron de General Motors

« arrivé dans le prototype de la voiture électrique Volt, présentée à Detroit en 2007, et commercialisée l’année prochaine. Il a également dévoilé en première mondiale le prototype de la Cadillac Provoq, une voiture de luxe fonctionnant avec des piles à combustibles. […] Pour lui la voiture de demain sera une voiture entièrement connectée, qui sera conduite par des robots intelligents, et qui nous laissera la liberté d’y voyager comme dans notre salon. »

Ces innovations sont-elles « intelligentes » ? En d’autres termes, est-ce qu’elles répondent aux défis auxquels est confrontée la société ? Suffit-il de mettre des piles à combustibles et des robot intelligents dans les voitures pour résoudre la contradiction d’une envolée de la demande de mobilité face à l’exigence d’une réduction des séquelles environnementales ? Premier et incontournable défi que toutes les parties prenantes de la filière – et au premier chef, les constructeurs de voitures –, doivent résoudre.

Ce type de déclaration laisse la désagréable impression qu’il suffit d’accoler l’épithète « vert » adossée à un peu ou beaucoup de technologies pour avoir la conscience tranquille. L’industrie automobile est erratique. D’une côté, elle persiste dans une logique de volume là où la solvabilité est la plus forte (ainsi le marché indien passera d’une production de 900.000 autos en 2003 à 2,45 millions d’unités en 2011, tandis que le marché chinois atteint déjà sur 2007, 8,88 millions en production, soit 20% de croissance en un an). Pour servir cette croissance, la filière cultive l’issue du low cost qui élargira la base solvable mais qui fera imploser les constructeurs traditionnels (la Nano de Tata en Inde vaudra le tiers du prix de la Logan de Renault, elle-même en bas de l’échelle des tarifs en France, Le groupe indien Tata Motors dévoile la Nano, la voiture la moins chère du monde). D’un autre côté, elle développe des technologies vertueuses mais dont les économies de productivité seront dérisoires face aux besoins. La somme des deux voies exploitées se résoudra dans tous les cas par un accroissement notable des congestions et des pollutions.

Et si les intelligences se situaient ailleurs. Songez simplement que si vous mettez deux personnes dans une voiture habitée régulièrement par une seule personne, vous multipliez par deux la productivité de la voiture, ajoutez encore une personne… calculez, demandez aux constructeurs les gains de productivité de leurs « intelligences », comparez et méditez à la fois sur le destin des constructeurs traditionnels et sur la planète.

Publicités

janvier 11, 2008. Chronos, Ecoresponsabilité, Mobilité durable, Villes 2.0.

Laisser un commentaire

Be the first to comment!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Trackback URI

%d blogueurs aiment cette page :