Navigation dans les espaces complexes

 

Notes prises lors de l’intervention de Yo Kaminagaï (RATP) à l’Atelier « Ville complexe et familière » de Villes 2.0

L’objet, c’est tout ce qui est « perceptif » pour le voyageur. Les espaces sont devenus un élément des stratégies des opérateurs d’espaces en général et des opérateurs transport en particulier. Ceci est tellement important que l’espace est devenu l’une des cinq directions générales de la RATP.

Les trois fondamentaux : Le service, la scène et le support

L’espace est une ressource. Les qualités des services, des scènes et de l’espace comme support sont fonction de la qualité de ces espaces.

Trois métiers forgent l’espace : les architectes, les urbanistes et plus récemment les designers d’information. Cette dernière fonction est récente, mais elle est devenue incontournable. L’espace appelle aussi une puissante coordination entre divers acteurs, faute de quoi l’on aboutit à l’incohérence. Le désordre perceptible dans les espaces n’est que la restitution des conflits entre les acteurs de l’espace.

L’échange intermodal est l’avenir des espaces publics

Dans le métro du 21e siècle, on passe du métro des flux au métro des échanges (Georges Amar). Nos espaces publics doivent être flexibles. Pour les opérateurs transport s’ajoute une contrainte : nous devons faire face à une saturation durable des flux. Déjà certaines lignes parisiennes sont congestionnées et cela va s’accroître nécessairement et dans de fortes proportions. Face à la rigidité de nos infrastructures et de nos espaces, nous ne pouvons agir que par des « microcompensations ». C’est non seulement vrai dans les espaces clos et inextensibles des métros que sur les lignes de bus dont il ne faut pas croire qu’elles sont extensibles au-delà d’un certain point.

Un enjeu de cohérence. Un enjeu de communauté

Le « triple hub » (Impedimenta, le voyageur du quotidien : le hub archi ou spatial, le hub mobile ou le mode, le hub sur soi ou le mobile intelligent et multifonctionnel – Les trois hubs ou la ville fluide pour tous) est une notion cruciale qui refonde la conception des espaces. On attend une synchronisation de ces trois hubs. C’est autour du voyageur qu’on doit rechercher l’OS (operating system ou le logiciel, bref l’intelligence) commun au trois. L’enjeu est de coordonner ces ensembles jusqu’ici découplés.

D’où l’objectif de gérer le couple espace/e-space. L’exercice est difficile, car il ne saurait se résumer à déporter dans le monde des espaces publics ce qui se passe dans d’autres espaces. Ainsi la télévision dans le métro, expérimentée puis abandonnée par la RATP il y a vingt ans (le Tube), n’avait pas trouvé son modèle économique, pas plus que les expérimentations encore à l’œuvre dans quelques grands réseaux (Barcelone, Madrid, Montréal…).

La scénographie culturelle se modifie. Elle comporte des rayonnements et forme de facto autant de repères de la ville. On assiste au moment où les enseignes deviennent plus importantes que les noms de lieux. L’introduction de l’art transforme l’architecture fonctionnelle en une architecture patrimoniale.

Approfondir certains sujets et revenir sur le réseau physique pour modifier ce qui peut l’être

L’immatériel est … très matériel. L’immatériel n’est pas fait d’éther ! il envahit nos espaces au sens propre. La télésurveillance ou les relais de communication mobile (les grandes armoires sur les quais) prennent une place qui réduit d’autant un espace qu’il est impossible d’étendre par ailleurs. Comment faire pour conjuguer leurs exigences et celles des mouvements.

La mutation des foules. La grève récente a souligné combien la foule des voyageurs s’est transformée (voir aussi Nouvelles mobilités ? Vive la grève !) A la fois plus experte, moins patiente et plus exigeante (vidéo Foule 2.0, de Georges Amar). Comment incorporer ces contraintes inédites ?

Les systèmes de navigation. Le constat est fait depuis longtemps d’une profusion des informations à maîtriser. En revanche, on souligne moins combien il est aussi important de maîtriser la profusion des canaux de communication qui vire au désordre, à la concurrence, voire à la confusion.

Comment reconsidérer et aménager les espaces souterrains ? Les technologies de l’information impactent la topographie et la topologie (sans oublier la chronotopie, note de l’auteur) des espaces. De fait, les métriques changent.

L’illisible. Comment rendre le souterrain lisible ? Comment rendre la ville repérable ? (trouvable, dirait-on en langage Ville 2.0. Un des projets travaillés par l’ENSCI dans le cadre de Villes 2.0 est justement un « Métroscope », sorte de périscope du souterrain vers la ville de surface, présentation publique le 14 décembre, note de l’auteur). C’est ainsi que le réaménagement de la station Châtelet-Les Halles comportera quatre portes matérialisées sur la ville.

Le retour des émotions. Pendant les déplacements, la vie continue. Nous devons créer de la continuité, gérer la surprise, trouver une nouvelle éthique qui assure la coexistence de foules d’origine diverses. Ainsi, une ville comme Paris compte parmi ses chalands autant d’autochtones que de population extérieure à la ville. Répondre aux requêtes nécessairement diverses, tant dans leurs objectifs que dans leurs formulations, appelle un immense effort de la part des designers d’information. Ceci doit nécessairement se décider en concertation avec les acteurs de la ville. 

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décembre 1, 2007. 5e Ecran, Chronos, Villes 2.0.

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