« Je suis le roi de rien »

Portrait d’un nomade. Il a 50 ans, il est artiste, il vit et travaille dans trois pays différents. Il est divorcé, il a deux enfants. Extraits poétiques d’un entretien.

Où se trouve votre lieu d’habitation ? Partout. Votre lieu de travail ? Partout. Dans mon portefeuille il y a une cinquantaine de cartes … et une photo de mes enfants avec ma mère.
… L’Internet n’est pas un réseau ouvert. Partout, il faut s’identifier, s’abonner, rentrer des codes.
… J’ai trois mobiles, un pour chaque pays où je vis. Il faut être local partout. Personne n’a pensé à mettre des puces dans un mobile pour dire: « maintenant je suis à NY » ou « Je suis à Paris » … Moi je veux être partout toujours. … Dès que je branche mon Nokia, je me sens en France. Mon Motorola à clapet est très américain, il est frimeur, limite vulgaire.

… Je n’ai pas de bureau donc tout espace peut devenir un lieu de travail. Mon quotidien ? De près c’est le chaos, mais un chaos routinier. … pour arriver à fonctionner dans ce désordre, il faut beaucoup d’organisation.

Ethique vient du mot « endroit » en grec. Si tu n’habites nulle part, tu n’as pas d’éthique. Tu es l’étranger. Je ne suis pas criminel, mais je n’ai pas d’éthique. … J’habite là où je ne suis pas. Je suis toujours en visite. Le monde a été fait pour moi. Les portables, les petites caméras vidéo sont faites pour ma vie de nomade. Je ne me souviens plus de comment on trouvait les gens avant que ces outils existent. … Quand tu as un mobile, tu vis où tu es.

… A Tokyo, il y a une intimité énorme avec la population. Comme les rues n’ont pas de nom, les gens que tu arrêtes dans la rue s’assoient à côté de toi pour te dessiner un plan. … Toutes mes idées, je les ai en marchant. Ma vie se résout dans la marche. Si je ne marche pas, comme à Houston où les distances sont trop importantes, j’ai très peu d’idées.

… Vélib’, c’est génial. Il devrait y avoir plusieurs modèles de Vélib’ : un avec un chariot derrière pour faire les courses, un tandem pour faire du vélo à deux. Là, ça fait un peu maoïste avec tout le monde sur le même vélo gris.

… Dans ma ville idéale, les camions, les voitures devraient s’arrêter à la frontière de la ville. Les gens qui ont des voitures pour partir en vacances devraient les laisser dans des grands parkings à la sortie de la ville. Tous les parkings de la ville deviendraient des piscines publiques, des parcs urbains.

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novembre 5, 2007. Chronos, Empowerment, Nomade, Uncategorized.

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